Limiter la rémunération des banquiers?
Gros scandales (prévisibles) aux USA cette semaine: Wall Street a payé plus de 18 millards de dollars (US) de bonus en janvier (et même en décembre dans le cas de Merryl Lynch, avant la vente à Citi).
Ce sont les mêmes banques qui ont reçu plus de 350 milliards de fonds d’urgence.
Le président Obama a piqué une belle colère vendredi, qualifiant ces bonus de « honteux ».
Et la sénatrice Démocrate du Missouri, Claire McKaskill, a déposé un projet de loi visant la limiter la rémunération de tous les employés de sociétés recevant des subventions de survie du gouvernement fédéral à 400 000 $ par année. Ce montant n’est pas sorti d’un chapeau: il s’agit du salaire du président!
« Ils ne comprennent pas », dit la sénatrice des dirigeants des banques qui ont reçu tant d’argent du gouvernement pour sauver leur existence.
C’est le genre de règlement très difficile à appliquer (la rémunération globale d’un employé peut se calculer de bien des façons, comment inclure les « consultants » qui ne travaillent que pour un seul client, quoi faire des filiales et autres esociété affiliées?), mais le mssage serait fort et clair: les sociétés privées ne pourront pas utiliser les fonds de secour du gouvernement pour enrichir leurs employés.
Est-ce que cette loi a des chances d’être adoptée? Cela aurait impensable à n’importe quel autre moment. Il avait bien été question d’inclure quelques notions de limites de rémunération dans la première version du TARP, mais Bush avait clairement laissé entendre qu’il ne signerait pas une telle mesure. Cette fois, je ne vois pas comment Obama pourrais ne pas accepter une telle mesure si elle se rend jusqu’à lui.
Voir le gouvernement américain même proposer une telle invasion est rafraîssant. Mais cela démontre à quel point la division entre Wall Street et Main Street est maintenant acceptée et surtout comment il devient clair pour tout le monde que la croissance de la dernière décennie était complètement fictive, voire frauduleuse, et que les acteurs responsables de cette situation ne peuvent plus prétendre aux privilèges qu’ils ont extirpés. Ce qu’il reste maintenant à changer, c’est la conviction de certains (dont Obama) que les responsables de la crise sont ceux qui pourront la résoudre.
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