Relance de l’économie vs sauvetage des banques
On assiste à deux présentations différentes et disjointes des 2 pans principaux que prendra la lutte contre la crise économique actuelle: le plan de relance de l’économie (le stimulus qui sera approuvé cette semaine par le Congrès) et le plan de sauvetage des banques (le bailout ou TARP dont la seconde tranche a été présentée de façon très très vague par Tim Geithner plus tôt cette semaine).
Je ne suis pas un économiste. Mais une des premières choses que je lis avec mon café le matin, c’est le merveilleux blog Naked Capitalism d’Yves Smith. (Petit apparté: Smith et Greenwald nous proposent généralement des articles de plus de 2 paragraphes, on va un peu plus loin que la surface!) Ce matin, donc, un billet de Smith sur un économiste des années 30, Irving Fisher: Irving Fisher’s Debt Deflation Theory and Its Relevance Today.
Plusieurs commentateurs ont remarqué ces derniers jours qu’Obama utlisait son capital politique pour promouvoir le stimulus (la partie sexy) alors qu’il laissait Geithner se débrouiller (plutôt mal d’ailleurs) avec le bailout. Est-ce qu’il ne s’agit que d’une façade? Les récents rapports de désaccords des plus proches conseillers du président sur les orientations du bailout nous laissent croire que le problème est plus profond, que l’administration américaine conçoivent réellement ces deux plans comme des actions séparées. Ce que Smith nous fait comprendre dans son article, c’est qu’au contraire il est primordial de voir ces deux plans comme un seul, que le stimulus ne peut réussir si le bailout échoue.
En fait, l’article de Enrique G. Mendoza qu’il cite va encore plus loin:
A trillion dollars of fiscal stimulus today will not avoid catastrophe if the financial stabilisation fails. Conversely, the sooner a credible, comprehensive, and effective financial stabilisation plan is implemented, the lower the actual cost of “true†fiscal support needed for the social safety net.
Le Congrès semble encore plus autruche que le Président. Le show d’hier, quand les PDG de plusieurs très grandes banques sont venus se faire questionner par les représentants, visait essentiellement à attiser les ardeurs populistes de plus en plus évidentes (cf. Rachel Maddow hier soir) parmi les élus Démocrates et non à adresser les réels problèmes économiques du secteur financier (quoique, on a bien apprécier les coups de baguette sur les doigts des capitaines de l’univers!).
Le plan Geithner, ou plutôt ce qui en tient lieu, ne s’attaque pas au réel problème: les grandes banques américaines sont en faillite. Au contraire, son objectif principal semble être de cacher cette réalité le plus longtemps possible en permettant aux banques de continuer à donner des valeurs complètement bidon à leurs actifs, ce qui leur permet de présenter des bilans pas trop négatifs.
On peut comprendre que les Représentants et les Sénateurs refusent de s’attaquer aux problèmes qui font vraiment mal et se concentrent sur les mesures spectaculaires (quoique… les Républicains refusent même cela!), mais comment le Président peut-il tomber dans le même piège?
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