Archive de la catégorie: ‘ Exécutif ’

Obama prix Nobel!

Quelle surprise ce matin. Je prépare mon café (merci Senséo!) et je démarre Firefox. À la une du New York Times: Obama reçoit le prix Nobel.

D’abord je ne comprends pas, puis je n’y crois pas. Je lis l’article. Alors j’y crois, mais je ne comprends toujours pas.

Certes, il a fait des propositions fondamentalement radicales sur le désarmement nucléaire, il a entamé des pourparlers directs avec Téhéran, il joue au videur avec Israël, il a promis de fermer Gitmo.
Mais, même au niveau de l’action internationale, certainement le meilleur aspect de son (court) bilan, il y aussi des points négatifs qui demeurent et qui ne sont pas près d’être régler: Irak et Afghanistan.

On peut espérer aujourd’hui une fin proche à l’aventure guerrière en Irak, mais il ne faut oublier qu’une des promesses les plus importantes d’Obama pendant la campagne portait sur l’importance que les États-Unis devaient porter à la guerre en Afghanistan car c’était la guerre « juste ».

Depuis quelques semaines, d’ailleurs, la Maison Blanche et le Pentagone sont attelés à un exercice de ré-évaluation complète du niveau de l’intervention américaine dans ce pays. Les militaires veulent plus d’hommes (40 000 de plus), le vice-président souhaite un retrait partiel. Mais ce qui va sans doute se passer c’est que la mission sera « re-définie » pour tenter de justifier le maintien des troupes actuelles pour permettre d’atteindre des objectifs moins ambitieux.

Donc, Oslo donne un prix pour la paix à un président qui mène 2 guerres de front!
Les sages Suédois Norvégiens doivent avoir des raisons qui dépassent la réalité actuelle pour se justifier à eux-même ce choix.

D’abord, il est évident dans le communiqué qu’il s’agit d’un prix anti-Bush.

Mais surtout, ce prix ne vise pas à reconnaître une réussite, mais à encourager une ligne d’action qui mène (éventuellement) à plus de paix.

Comme disent certains: « Le monde est pressé ».

Les non-Américains (surtout les Européens j’ai l’impression) veulent voir un retour à l’alliance Atlantique et souhaitent qu’Obama remplisse ses promesses.

Le prix Nobel est une carotte.

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Droits des homosexuels

Aux États-Unis, les trois grands sujets « culturels » qui divisent sont l’avortement, le port d’armes et les droits des homosexuels.

Le paysage législatif américain compte 2 lois fédérales qui limitent (voire qui renient) les droits des homosexuels: Don’t Ask, Don’t Tell, qui interdit aux forces armées de demander à ses membres s’ils sont homosexuels mais qui permet (oblige?) la mise à pied de tout soldat qui dit l’être. Et le Defense Or Marriage Act (DOMA), qui interdit à l’administration fédérale de reconnaître les conjoints de même sexe des employés de la fonction publique et qui permet aux États de ne pas reconnaître des mariages homosexuels célébrés dans d’autres États qui les permettent.

Obama a toujours affirmé vouloir éliminer la discrimation que subissent les homosexuels, mais il est personnellement au mariage pour les conjoints de même sexe.

Et on se souvient de la catastrophe politique qu’a été Don’t Ask, Don’t Tell pour Clinton. Il s’était attaqué à cette question dès le début de son mandat et souhaitait une ouverture plus grande des forces armées, mais a dû se contenter de ce compromis qui n’a satisfait personne.

Le nouveau président, pris dans ses propres doutes et conscient du coût politique de toute action sur ce sujet, tente de botter en touche depuis son assermentation. Mais il a connu de sérieuses ratées cette semaine.

Des avocats du Ministère de la Justice ont défendu ces derniers jours le DOMA, comme ils sont obligés de le faire, c’est la loi du pays, en comparant (indirectement, certes) les mariages homosexuels à la pédophilie et à l’inceste.

Évidemment, les activistes LGBT n’étaient pas contents. Pour se rattraper, Obama a annoncé hier qu’il ordonnait à l’administration fédérale de donner plus d’avantages sociaux aux « partenaires de vie » de même sexe. Comme l’avantage qui compte le plus aux USA, et de très loin, est l’assurance maladie, et que DOMA interdit spécifiquement au gouvernement fédéral d’accorder cette assurance au conjoints de même sexe, il n’a pu offrir que des prix de consolation.

« Les sièges de 2è classe sont maintenant un peu plus confortable », dit Rachel Maddow.

Il a également mentionné qu’il espérait que DOMA soit retiré le plus rapidement possible.

Pas un mot sur Don’t Ask, Don’t Tell

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J’aime bien Rachek, j’écoute le podcast de son émission tous les matins dans le bus!

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Le New York Times révèle aujourd’hui que le programme de surveillance électronique mis en place par Bush et Cheney est plus important que ce qui était connu précédemment.

(…) concerns in Congress about the agency’s ability to collect and read domestic e-mail messages of Americans on a widespread basis

La NSA (National Security Agency), le bras électronique du complexe de l’espionage et du contre-espionage américain, prétend que ses interceptions de conversations téléphoniques et de courriels de citoyens américains sur le sol des USA (ce qui est strictement interdit sans mandat d’un tribunal secret)  seraient rares et le produit d’erreurs de manipulation.

Même les courriels de Bill Clinton auraient été interceptés! (Think Progress)

Des législateurs mettent en doute la naïveté de la NSA:

Representative Rush Holt, Democrat of New Jersey and chairman of the House Select Intelligence Oversight Panel, has been investigating the incidents and said he had become increasingly troubled by the agency’s handling of domestic communications.

In an interview, Mr. Holt disputed assertions by Justice Department and national security officials that the overcollection was inadvertent.

“Some actions are so flagrant that they can’t be accidental,” Mr. Holt said.

L’administration a tenté récemment de mettre en place de nouvelles balises pour la loi soit respectée.

Donc, soit l’identification géographique de la source et/ou de la destination des courriels est trop difficile pour la NSA (l’interception des messages provenant ou à destination de l’étranger est légale), soit la NSA le fait exprès et brise volontairement la loi.

Connaissant le passé de cette histoire ET l’appui encore récent d’Obama à ce genre de manoeuvres (n’oublions pas que pendans la campagne présidentielle, alors qu’il était encore sénateur, il a voté en faveur d’une loi qui visait à protéger rétroactivement de toute poursuite civile les socitétés de télécom qui ont agit comme complices dans ce programme), on pourrait penser que la pression n’est pas trop forte pour faire cesser ces opérations.

Le règne de la peur continue.

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Obama et Emmanuel ont réussi à obtenir (de justesse) les votes nécessaires à la Chambre pour faire adopter la loi de financement supplémentaire.

Comme je l’ai écrit plus tôt cette semaine, les groupes de gauche ont tout fait pour que cette loi ne passe pas, car elle ne contient pas de restrictions sur le retrait des troupes d’Irak et d’Afghanistan.

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La présidence impériale de W. a été marquée par l’usage intensif des signing statements (déclarations de signature), ce pouvoir (pas tout à fait constitutionnel) du président des États-Unis d’ajouter des commentaires aux lois lors de leur signature.

Ces commentaires visent à joindre à la loi les règles d’interprétation que le président souhaite voir appliquer par l’exécutif et les agences chargées de faire respecter ces lois.

Dans les faits, Bush s’en servait pour rejeter des pans entiers des lois qu’il approuvait (ce qu’on appelle en anglais le line item veto et qui ne fait pas partie des pouvoirs du président, il peut approuver ou rejeter une loi en entier, pas en partie.)

Obama avait promis pendant la campagne de ne pas continuer cette pratique.

Il faut mentionner que ces signing statements existe depuis James Munroe, au début du XIXè siècle, mais que Bush a transformé la pratique en activité industrielle: il en a fait plus de 500 connus à ce jour (il reste peut-être des déclarations de signature secrètes).

Donc, où en est Obama sur cette question? Pas beaucoup de mention dans les médias et les blogues sur ce sujet depuis le mois de mars, quand Obama a annoncé sa politique de restreindre l’utilisation des signing statements et a ordonner à l’administration d’ignorer tous ceux fait par son prédecesseur.

Le Truth-O-Meter de PolitiFact nous rappelle la promesse d’Obama:

While it is legitimate for a president to issue a signing statement to clarify his understanding of ambiguous provisions of statutes and to explain his view of how he intends to faithfully execute the law, it is a clear abuse of power to use such statements as a license to evade laws that the president does not like or as an end-run around provisions designed to foster accountability. I will not use signing statements to nullify or undermine congressional instructions as enacted into law.

Alors, respecte-t-il sa promesse?

À deux reprises, semble-t-il, Obama a eu recours à cet artifice pour tenter d’éviter des effets des lois qu’il signait. Dès le mois de mars, lors de la signature de la loi de financement 08-09, il ajoutait une déclaration limitant les droits des whistle blowers, ces employés qui dénoncent des actes illégaux.

Et plus récemment, le président a encore utiliser un signing statement pour tenter de soustraire son administration aux demandes de renseignements d’une commission sur la crise économique.

The Hill:

President Obama on Wednesday said his administration would consider exerting executive privilege to possibly withhold information sought by a new commission set up by Congress to investigate the financial crisis.

As Obama signed a bill that creates a 10-member commission with subpoena power to look into the crisis, the White House issued a signing statement specifying that the administration would maintain its constitutional privileges over commission inquiries.

Les mauvaises habitudes sont difficiles à abandonner.

Certes, à ce jour, le président utilise moins cette méthode. Mais pourquoi ne pas simplement respecter ses promesses?

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Que ce serait-il passé depuis le 20 janvier si John  McCain avait gagné les élections de novembre dernier?

Salon publie aujourd’hui un article amusant qui pose la question: It is summer 2009, and John McCain is president.

Y aurait-il des différences? Selon Michael Lind:

But from the vantage point of mainstream American politics, the differences between the Obama administration and a hypothetical McCain administration would have been real and can be vividly illustrated by counterfactual history.

Alors amusons-nous aussi à faire des contrepèteries counterfactuals.

(Posons comme hypothèse qu’il n’y a pas de Congrès, ie. le président contrôle parfaitement l’agenda législatif.)

Comment McCain aurait-il réagi à la crise économique? Si on l’écoute aujourd’hui, il aurait coupé les impôts (pour les plus riches) et les dépenses publiques, donc pas d’aide aux États pour les programmes sociaux. Les USA s’enliseraient dans un dépression plus grave encore que la crise de 1929 et les villes seraient envahies de camp de tentes et de lignes interminables aux soupes populaires.

Politique internationale. Les Palestiniens en prennent pour leur rhume. L’Iran n’aurait pas connu de crise ces derniers jous:  les Israéliens, avec l’appui des Américains, auraient bombardé Téhéran en avril et la population se seraient ralliée à Ahmadinejad.

Torture. McCain aurait sans doute fait la même chose qu’Obama: arrêter tous les programmes et ne rien faire pour embêter les tortionnaires de Bush.

Réforme de la santé. Quoi? Que dites-vous? Je n’entends rien. La situation n’a pas changé depuis 40 ans, les Américains peuvent bien vivre 10 ou 15 ans de plus avec leur système actuel. Sauf que, c’est toute l’activité économique du pays qui est touchée par l’inaction. Les employeurs américains ne pourront pas supporter très longtemps ce désavantage compétitif et exporteront de plus en plus d’emplois.

Y aurai-til un chien à la Maison Blanche???

The Obama administration deserves, and can benefit from, thoughtful criticism. But before giving up on Obama after only a few months, critics of this president should ask: WWMD? (What Would McCain Do?)

Commentaire (1)

Le sujet brûlant de l’été en politque américaine sera certainement la réforme du système de santé souhaitée par Obama.

Quelques détails en vrac dans ce billets sur lesquels j’élaborerai au cours des prochaines semaines.

Le sujet n’est pas nouveau. Lindon B. Johnson en a fait le noyau de sa présidence, bien plus que la guerre du Viet Nam. Il n’a pas pu imposer un système universel, mais a réussi à implanter une couverture pour les personnes âgées (Medicare) et une couverture pour les plus démunis (Medicaid).

Clinton a tenté 30 ans plus tard de terminer le travai (et a confié la tâche à Hillary), mais il a subit un échec total face aux compagnies d’assurance.

Obama aborde le sujet de façon légèrement différente. D’abord, il a décidé de laisser le congrès élaborer ds propositions de réforme. Il faut dire que les élus Démocrates ont beaucoup travailler sur le sujet au cours des 15 dernières années. Petit problème cependant: le moteur, l’âme des Démocrates, le sénateur Kennedy, est désormais trop malade pour diriger effectivement les travaux législatif. La tâche revient donc à un sénateur du Montana, Max Baucus. Qui? Baucus est le président du comité des finances du Sénat et c’est lui qui pilote l’écriture du projet de loi dans cette chambre.

En théorie il faut 60 votes au Sénat pour éviter un filibuster, mais les Démocrates ont laissé entendre qu’ils étaient prêts à utilser une manoeuvre (reconciliation) d’adoption du budget pour faire passer la réforme avec 51 votes.

Les enjeux des derniers jours concernent surtout la mise en place d’un régime d’assurance publique qui pourra compétitionner les compagnies privées.  Les Républicains y sont opposés, car ils craignent que les compagnies privées ne soient pas en mesure de faire compétition, les Démocrates n’osent pas admettre qu’ils sont en faveur car ils espèrent que les compagnies privées seront incapables de compétitionner!

On ne parle pas encore (beaucoup) de l’assurance obligatoire, les mandates. La question des coûts du projet devrait rebondir cette semaine avec la publication d’une étude du GAO (Government Accounting Office).

Obama espère qu’une loi sera prête en octobre.

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La gauche progressiste anti-guerre au Congrès est en train de faire dérailler le projet de loi du président visant à financer les activités militaires pour les prochains mois.

Bush a financé ses guerres via des projets de loi de financement hors-budget (supplemental), tactique que Obama avait promis d’abandonner.

Plusieurs représentants Démocrates avaient promis, à l’époque, de ne pas voter pourde tels propjets s’ils n’incluaient pas des stratégies mesurables de retrait des troupes.

Or, Obama a présenté un tel projet de financement supplémentaire il y a quelques jours.

Ce projet allait passer facilement, mais l’administration a décidé d’y ajouter un amendement visant à financer le Fonds monétaire international, amendement rejeté par les Républicains qui y voient une subvention aux banques européennes. Et le Sénat (Lieberman) a ajouté un amendement interdisant la publication de photos de prisonniers (nous en avons parlé ici). Les Démocrates ont accumulé assez de votes pour rejeter la loi de financement amendée par Lieberman. Elle reviendra donc devant la Chambre cette semaine.

Entre temps, les activistes progressistes de la blogosphère ont profité du délai pour mettre en branle une campagne de coups de téléphone et d’emails pour rappeler à certains élus qu’ils avaient promis de ne pas voter pour ce genre de loi. (Firedoglake ne parle que de cela depuis une semaine!)

L’administration n’est pas contente, mais pas contente du tout! Rahm Emanuel fait des pressions monstres sur les Représentants, surtout les rookies (nouveaux élus). Et on fait miroiter un projet de rachat des vieux bazous aux progressistes.

Il faut que 39 Démocrates votent « non » pour faire échouer le projet de loi. Les opposants croient avoir 35 votes.

Obama, qui s’est fait connaître grâce à son opposition à la guerre quand personne n’osait être contre, se voit maintenant obligé de combattre les élus qui s’y opposent encore.

Selon toutes probabilité, la loi passera. Et Obama aura dû dépenser du capital politique contre ses partisans de la première heure.

Commentaire (1)

Maher déçu d’Obama

Bill Maher commence en avoir assez du côté people du président:

Il se plaint des positions d’Obama sur la réforme du système de santé, le sauvetage des banques et ses positions sur les gaz à effet de serre.

Selon Maher, c’est le temps où jamais de faire des vraies réformes et Obama est trop timide.

I’m glad Obama is president, but the Audacity of Hope part is over. Right now, I’m hoping for a little more audacity.

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Obama a promis le changement lors de la campagne. On constate que sur tout ce qui touche aux secrets de Bush et Cheney, il ne livre pas la marchandise.

Et voici un autre aspect où le président continue business as usual.

Il est traditionnel aux USA que le président nomme quelques gros donateurs à des postes d’ambassadeurs dans des pays très amis (Angleterre, Vatican) ou dans des petits pays d’Europe du nord ou de l’est. On aurait pu s’attendre à ce qu’Obama chamboule tout cela et qu’il mette plutôt en place une strucure complètment professionnelle.

C’est un peu le contraire qui s’est passé. Non seulement il continue de distribuer les ambassades à ses plus importants donateurs, mais il confie aussi des postes difficiles à des gens sans expérience:

Pays Ambassadeur Contribution aux Démocrates $ Emploi précédent
Grande Bretagne Louis Susman 735 000 $ Banquier
France Charles Rivkin 883 000 $ Producteur de films d’animation
Japon John Roos 545 000 $ Avocat à Silicon Valley
Afrique du Sud Donald Gips 553 000 $ Communications
Espagne Alan Solomont 1.4 M $ Riche

Source: Political Junkie (NPR)

Et ces personnes n’ont pas d’expérience diplomatique.

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Les représentants démocrates progressistes ont réussi à empêcher le passage d’une loi qui aurait interdit, rétroactivement, la publication de photographies de prisonniers prises entre le 9 septembre 2001 et le 20 janvier 2009. (Voir ce billet de Greenwald pour une explication détaillée du contexte.)

On se souviendra qu’il y a quelques semaines, Obama a décidé de demander à la cour d’interdire la publication de photographies alors qu’il avait promis précédemment qu’il accepterait leur publication.

L’affaire va maintenant devant la Cour Suprême, mais il semble évident qu’elle forcera le gouvernement à autoriser la publication de ces photos.

Donc, le président s’est tourné vers Joe Lieberman qui a immédiatement rédigé un amendement au projet de loi de finanement supplémentaire pour les guerres d’Iraq et d’Afghanistan. La Chambre des représentants avaient passé la loi sans cet amendement, mais les Sénateurs l’ont adopté. Le tout se retrouvait donc en comité conjoint, mais des représentants démocrates ont menacé de voter contre le projet de loi dans son entier si l’amendement était inclus. Et comme les représentants républicains sont opposés à la loi pour d’autres raisons (un financement de 5 miliards $ au Fond Monétaire International), il n’y avait plus assez de Démocrates pour en assurer le passage.

Firedoglake, un blog progressiste, a rapporté hier que l’amendement avait été abandoné.

Que peut-on attendre d’Obama maintenant?

Si la tendance se maintient, il trouvera d’autres moyens pour conserver cachée dans un coin sombre toute la saga Bush-Cheney.

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Quelle semaine!

Obama a fait jeudi un discour majeur exposant ses objectifs de réforme du système judiciaire américain dans le cadre de la lutte anti-terrorisme. Et il n’y a pas beaucoup de choses qui peuvent plaire dans ses idées. Essentiellement, il souhaite permettre la détention prolongée de personnes soupçonnée de connexions terroristes. Détention sans mise en accusation et sans procès.

Qui aurait cru qu’Obama irait encore plus loin que Bush vers la suppression de l’état de droit?

Le nouveau président souhaite rendre légale une pratique que l’ancien utilisait sans en avoir demandé le pouvoir.

Et même le New York Times, dans un éditorial de vendredi, approuve. Comment la gauche (douce) américaine peut en être rendue là? Ce qu’Obama demande, c’est d’officialiser le pouvoir du président de retirer de la circulation qui il veut sans avoir à se justifier. En fait, les lois anti-terroristes américaines sont déjà très souples et permettent l’emprisonnement (long) pour le support au terrorisme, ce qui inclut participer à un camp d’entraînement et diffuser une chaîne de Hezbollah. Ce que veut réellement Obama, c’est de pouvoir emprisonner des gens qui ne pourraient pas être jugés à cause des mauvais traitements qu’ils ont reçu lors de leurs interrogatoires.

Mais comment mettre des limites à ce qui est finalement une proposition de retirer toutes les limites?

Et qui a donné la réplique répubicaine à ce surprenant discour? Dick Cheney. Ce même Cheney qui fuyait les entrevues et les journalistes du temps qu’il était vice-président est maintenant devant les caméras plusieurs fois par semaine. Cheney, évidemment, cherche à faire assez de bruit pour tenter d’éviter toute poursuite criminelle pour son implication dans la politque de torture systématique qu’il a menée pendent des années. Il doit se dire que s’il demeure au devant de l’opinion, toute accusation portée contre lui pourra être présentée comme une tentative de faire taire ses critques face à Obama. (Mentionnons également qu’il parie sur les terroristes: en disant que la nouvelle administration ne fait pas son boulot, une nouvelle attaque importante sur le sol américain serait immédiatement présentée comme la justification de tout ce qu’il a fait auparavant.)

Les Républicains en sont rendus à ne pas pouvoir présenter un porte-parole plus en ligne avec la réalité et doivent se contenter d’un vieux criminel.

Est-ce que les Américains vont réaliser un jour que permettre à la droite de se retrancher sur sa base chrétienne et ultra-conservatrice enlève toute crédibilité à l’opposition et qu’ils se retrouvent maintenant avec un président démocrate qui veut suspendre, pour toujours, la règle du droit?

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Obama vient de nommer (proposer en fait, le Sénat doit approuver) un Républicain à un poste diplomatique important. Jon Huntsman est présentement gouverneur de l’Utah, il a une longue expérience asiatique et parle le Mandarin.

Il a occupé des postes dans les administrations Bush, père et fils, avant de se faire élire gouverneur de l’Utah.

Et il est mormon.

En faisant le tour de la presse et des blogs ces derniers jours, on peut constater que cette nomination est bien vue à gauche comme à droite.

David Axelrod, le conseiller politique d’Obama, a un jour prétendu que Huntsman était le seul Républicain qu’il craignait en 2012. Il faut préciser que Huntsman est un membre rare d’une espèce en voie de disparition: un Républicain modéré. Il est pour les unions civiles pour les gays et a appelé, dès les lendemains de l’élection, le GOP à se re-centrer. Donc, en le nommant (très) loin de Washington, mais cependant à un poste aussi prestigieux qu’important, Obama éloigne un rival potentiel pour 2012 (même s’il semble mousser la candidature de Huntsman pour 2016, mais ce ne sera plus son problème).

Encore mieux: un commenteur, Al Giordano, voit encore plus loin:

Mitt Romney is technically the frontrunner for the GOP presidential
nomination in 2012. He's got the money, a national organization, and
the on-camera talent and political experience to handle the national
spotlight. Ideologically, his positions line up pretty perfectly with
the conservative GOP platform. If any Republican "deserves" it for
having paid his dues loyally to the party, it's Mitt. And yet it's
extremely unlikely that the said GOP base - we're talking mainly white
Southern Baptists here - is going to get over its Mormonphobia in just
three years enough to make that possible.
The appointment of Huntsman is thus, politically, a slam dunk. When
GOP primary voters inevitably reject Romney once again in the 2012
primaries and caucuses outside of the Mountain West, the resentment -
already boiling after last year's adventures in presidential politics -
among rank-and-file Mormons that the party to whom they've given so
much still doesn't really want them in the Master's house rather than
the servant's quarters, will sting. Meanwhile, another of their
prominent citizens will likely still be Obama's man in Beijing, proof
that somebody in American politics isn't dissing the LDS and
its members. And in key swing states like Nevada and Colorado, LDS
members are legion.
Some said Obama was crazy, back in 2007 and 2008, to reach out to
what conventional wisdom thought was an impenetrable GOP base... Crazy,
like a fox.

Ainsi Obama serait en train de séduire les Mormons pour en accueillir le plus grand nombre après l’éventuelle défaite de Romney aux primaires Républicaines de 2012…

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Mais où va Obama?

Certes il a fermé la plupart des prisons plus ou moins secrètes des USA. Mais on ne voit pas de progrès à Gitmo. Et on ne sait pas grand chose sur Baghram.

Oui, il a autorisé la publication de mémos embarrassants du ministère de la justice, mais ils auraient été publiés de toute façon.

Mais, il continue les tactiques légales de l’administration Bush qui visent à tenir cachées le plus d’informations possible sur les technique de la CIA.

Et cette semaine, il est revenu sur une promesse faite il y a moins d’un mois de publier des photos de mauvais traitements de prisonniers, en reprenant exactement le raisonnement de Bush et Cheney: il ne s’agit que d’écarts de conduite isolés de la part de soldats s’ennuyant dans le désert.

J’ai avancé avant-hier la théorie qu’il s’agissait d’un plan machiavélique pour tenir à l’écart du leadership républicain les hommes politiques ayant une once de jugeote.

Mais même moi je ne crois pas que ce soit la vraie raison.

On pourra dire, comme on a dit de Bush et d’autres chefs d’État, qu’il et mal conseillé. Mais ce n’est pas une excuse. Et je ne vois pas qui pourrait le tromper à ce point.

Le seul et unique responsable est bien Obama.

Veut-il vraiment se concentrer sur les éléments importants à venir de son programme législatif et ne pas détourner l’attention publique sur des événements qui ne pourraient que ralentir la mise en place de son programme?

Ça paraît de moins en moins crédible, car les crimes de l’administration précédente occupe déjà beaucoup la place publique et le feront de plus en plus.

Je crois plutôt qu’il espère que si la crise éclate, et elle éclatera, qu’il ne veut pas en être vu comme l’instigateur.

Mais si c’est le cas, il en fait trop. On commence à le considérer comme un complice après les faits.

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On vient d’apprendre que Karl Rove, ancien conseiller politique de Bush, et Harriet Miers, ancienne avocate du même Bush, témoigneront (enfin) devant un comité de la Chambre des Représentants.

Depuis plusieurs mois (plus d’un an), les Représentants tentent de forcer ces deux-là  à  venir s’expliquer dans l’affaire des congédiements de procureurs au Ministère de la Justice. Jusqu’à  maintenant, ils avaient refusé, prétextant le droit du Président à  ne pas s’expliquer devant le Congrès.

Un juge a récemment rejeté cet argument.

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Obama a réussi à  faire voter son plan de relance par le Congrès et l’a vendu de façon magistrale aux citoyens hier soir lors de son discours devant les chambres du Congrès.

C’est la premier acte. Il tente de réparer les pots cassés. Mais il reste encore un second acte, il faut corriger le système en profondeur pour éviter que ce genre de problèmes de ré-apparaisse.

C’est ce qu’a fait Roosevelt dans les années 30 et c’est ce que le Président a annoncé.

Les Européens sont en train de concocter une position commune sur ce sujet qu’ils espèrent bien faire adopter par le G20 dans quelques semaines à  Londres.

Si les objectifs sont convergents, il reste à  voir comment vont réagir les Américains, et surtout les élus, à  ce qu’ils considéreront certainement comme un coup de force des Européens.

Il faudrait que le Président et/ou quelques Sénateurs proposent dès maintenant un plan qui ressemble à  l’approche européenne.

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Gary Locke au Commerce?

Est-ce que la troisième fois sera la bonne?

Les rumeurs (sans doute solides, il s’agit en somme de préparer le terrain) du jour parlent de l’ancien gouverneur Démocrate de l’à‰tat de Washington comme Secrétaire du Commerce.

Gary Locke

Gary Locke

Un Américain d’origine chinoise au Commerce, ça fait pas très subtile. Mais enfin, on peut supposer que cette fois l’équipe d’Obama se sera assuré qu’il tiendra au moins jusqu’aux audiences de confirmation du Sénat!

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Un changement de parti à  Washington signal le départ d’une compétition féroce entre les journalistes et commentateurs. Il existe un milieu (assez malsain, voir Greenwald) de journalistes qui vivent (grassement) de leurs contacts dans l’administration et qui se considèrent les seuls vrais garants de la presse politique. Cependant, pour conserver leurs accès, ils doivent nécessairement se faire de simples portes-paroles des dirigeants. à‡a donne l’invasion de l’Irak.

Donc, avec un changement d’administration, les journalistes en place font tout pour conserver leur statut et les petits nouveaux voient leur chance de se faire une place.

Cet accès se traduit par l’avantage d’être le récipiendaire des ballons d’essais et des règlements de compte anonymes des gens en place. En échange, les patrons de ces jorunalistes publient de beaux articles bien glamour et gentils sur ces personnes qui les utiliseront par la suite.

Et cette année ce ballet se joue dans un contexte d’extinction annoncée de la presse écrite, de polarisation extrême des chaînes câblées et de maturité des blogs et autres média internet (Obama a posé une question à  un représentant du Huffington Post lors de la sa première conférence de presse).

Un de ces articles flatteurs et ronflants est paru ce weekend sur le site de Politico, un profil de Phil Schiliro le conseiller d’Obama pour les relations avec le Congrès. Attendons-nous dans les prochaines semaines à  des pseudos-révélations et à  des idées (anonymes) de projets de loi…

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Un petit jeu ce matin.

Qui se cache derrière ces lunettes?

Qui est-ce?

Indice: la catégorie de ce billet…

Réponse plus tard aujourd’hui!

_______________

Il s’agit de Hillary Clinton. Elle est descendue de l’avion à  Séoul hier avec des lunettes:

Le Huffington Post publie une gallerie des rares apparitions de Hillary avec des lunettes.

Félicitations à  Virginie, qui a été la première à  trouver la réponse. Elle gagne un certificat-cadeau pour un massage!

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Je demandais hier qui prendrait les reines de la réforme de la santé aux USA.

Le New York Times croit maintenant savoir que le président Obama a choisi la Gouverneure du Kansas, Kathleen Sebelius, pour devenir la prochaine Secrétaire du département de la Santé et des Services Humains (Health and Human Services, HHS).

Elle a une certaine expérience de gestion (politique) dans ce domaine, mais son plus grand atout, comme le dit le Times, est sa capacité à  naviguer parmi les Républicains:

(H)er strongest asset in the White House view may be her record of navigating partisan politics as a Democrat in one of the country’s most Republican states.

Il y a un peu de cannibalisme dans ce choix: il est très peu probable qu’un autre Démocrate réussisse à  se faire élire à  la tête de cet à‰tat conservateur.

Mais surtout, elle est elle-même (par nécessité) relativement conservatrice. Il ne faudra donc pas s’attendre à  des propositions réellement novatrices. Des assurances individuelles garantit par le gouvernement, sans doute. Bonjour l’ennui!

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Obama pensait avoir bien planifié son coup en recrutant Dashle (je me demande s’il a encore un chauffeur?) pour mener son plan de réforme de la santé. Il a recherché un maniganceux de première catégorie pour diriger ce combat qui sera violent et pas propre du tout. (En fait, peut-être que Daschle était alors la meilleure personne pour jouer de rôle de malfrat.) Le leader historique au Sénat est Ted Kennedy, mais il est clair qu’il n’aura pas la force de mener ce combat.

On a vu lors de l’escarmouche sur le plan de relance de l’économie que les Républicains ont monté une barricade quasi-hermétique contre une mesure qui pourtant apparaît évidente et qui plaît à  une large majorité de la population. On peut déjà  imaginer ce que ce sera pour un projet qui rassemblera une coalition populaire et un soutien en capitaux beaucoup plus importants.

Donc, qui sera appelé à  se sacrifier pour le Président? Beaucoup de spéculation là -dessus ces jours-ci (The Business Review, dbTechno, Kaiser, Government Executive et le Washington Post).

Il y a déjà  quelqu’un en place, le directeur du budget: Peter Orszag. C’est, dit-on, un passionné des problèmes du système de santé américain, et il occupe un poste-clé dans l’administration.

Mais ce n’est pas lui qui sera la face publique du changement et qui jouera dans les coulisses du Congrès pour faire passer les lois.

On a besoin d’un pitbull, mais Rahm Emanuel n’est pas disponible? Pourquoi ne pas demander à  son frère? Ezekiel Emanuel, pédiatre et bioéthicien d’une certaine renommée, est présentement conseiller politique à  la Maison Blanche. Mais encore une fois, certainement pas le leader qu’il faut pour un chantier de cette envergure.

Le Sénateur Démocrate de l’Orégon Ron Wyden a déposé un plan de réforme du système qui ne va pas très loin et causera certainement autant, sinon plus, de problèmes qu’il ne règle (il remplace l’assurance employeur par des pools d’assurance individuelle négociés au niveau des états), mais son projet est soutenu par des Démocrates et des Républicains. Mais il faut noter que ce genre d’approche n’est pas très loin de que proposait Obama pendant la campagne.

Donc il ne fait espérer voir émerger quelqu’un comme Howard Dean, l’ancien candidat aux primaires Démocrates de 2004, ex-chef du Parti Démocrate et médecin du Vermont.

Les Américains considèrent comme extrémiste un programme qui garantit l’accessibilité universelle aux soins de santé, ils cherchent un plan qui permet l’accès à  tous à  l’assurance santé, même si elle n’est pas obligatoire.

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Quelle déception. Hier, l’administration Obama avait, pour la première fois, la chance de montrer son vrai visage sur la question de la torture. Résultat: ça ressemble vachement à  Bush.

Petit résumé de l’histoire. 5 hommes poursuivent une filiale de Boing (Jeppesen) pour avoir jouer un rôle important dans leur déportation vers des pays « amis », dont le Maroc, pour y être brutalement torturés. Lors du procès en première instance, en Californie, le juge a interrompu le procès suite à  la demande de l’administration (Bush), qui prétend que dévoilé certains renseignements pertinents à  cette affaire mettrait en danger la sécurité des USA. Cette fois, en appel, le juge a demandé au procureur si des événements récents remettaient en question cette position. Le représentant de l’administration (Obama) a répondu que non, les responsables actuels du Ministère de la justice maintenaient la position précédente.

Andrew Sullivan ne souhaite pas arriver trop tôt à  des conclusions basée sur des « non décisions », ie. maintenir des positions de l’administration précédente.

Glenn Greenwald, quant à  lui, est en colère (ici et ici). Il reprend les arguments de l’ACLU (American Civil Liberties Union, un organisation qui défend les droits civils).

Il ajoute:

It will be extremely difficult for even the most loyal Obama followers to deny that this was an active and conscious decision on the part of the Obama DOJ to embrace one of the most extreme abuses of the Bush presidency.

Cependant, Sullivan n’est pas le seul à  s’accrocher. Le NY Times adoucit la réalité en mentionnant que, selon un porte-parole du Ministère de la Justice, à  partir de maintenant, cet argument serait utilisé moins souvent.

Keith Olberman, hier soir sur MSNBC, cherche à  y croire en répétant une promesse récente du nouvel Attorney General, Timothy Holder, de procéder à  une révision cas par cas de toutes les poursuites encore en cours où le gouverment a utilisé l’argument du secret d’état.

Le seul argument qui pourrait éventuellement me convaincre impliquerait des renseignements concernant le Maroc ou un autre pays de tortionnaires dont la divulgation risquerait de rendre la relation avec les à‰tats-Unis invivable.

Mais même dans ce cas, Obama et Holder aurait dû réagir différemment.

On ne peut pas vouloir personnaliser le changement et continuer les pires politiques de Bush.

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Je dois avouer que je suis un peu mêlé. Je ne suis pas sûr quelle attitude adopter après ces premiers jours de l’ère Obama.

Il y a eu des signes encourageants: torture, dialogue, économie.

Il y a aussi eu des moments désespérants: torture, dialogue, économie.

Où finira-t-il sur ces sujets? Et plusieurs autres qui arriveront bientôt (Irak, droit du travail, défense du privilège exécutif, poursuite de membres de l’administration précédente pour crimes de guerre)?

Ces derniers jours nous ont fait voir un visage de l’équipe Obama que nous ne connaissions pas. Elle a semblé désorganisée.

Ou, peut-être, encore plus centriste qu’on pouvait le craindre. (Est-ce qu’Obama serait le nouveau Clinton?)

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Commentaire (1)

Pourquoi Judd Gregg?

Vendredi dernier, j’écrivais sur l’habilité politique d’Obama à  propos de son choix de Judd Gregg, qui donnerait un soxantième sénateur aux Démocrates. On dirait bien que je me sois complètement trompé, Gregg n’ayant accepté le poste qu’à  condition qu’un Républicain soit nommé (par le gouverneur Démocrate du New Hamshire) pour le remplacer.

Gregg a voté pour l’abolition du Département du Commerce en 1995 et il est en faveur de l’exploitation pétrolière des cotes de l’Alaska. Pourquoi l’avoir choisi?

Selon Politico, l’équipe d’Obama a commencé les approches il y a plus de 2 semaines. Obama souhaite (c’est la version officieuse-officielle) faire face à  des opinions variées et divergentes dans son cabinet.

Notons d’abord qu’il devient difficile d’accorder beaucoup de crédibilté à  ces messages, suite aux aventures de Daschle. Mais, et surtout, il devient de plus en plus évident que les discussions (et donc les décisions) exécutives ne se feront pas au cabinet dans l’ère Obama, mais plutôt dans la Maison-Blanche.

Tout comme Sarkozy en France, le président américain se construit une équipe de conseillers qui est le miroir de la structure de gouvernance des ministère. Et c’est certainement à  l’intérieur de ce cercle d’aviseurs que ce prendront les décisions de politiques et d’orientations. Les Secrétaires étant relégués à  leur rôle de gestionnaires de l’administration.

Donc, encore une fois, pourquoi insister pour aller chercher un législateur Républicain sans expérience de gestion pour un poste d’administrateur? La bi-partisanerie, telle que je la comprends, se j0ue au niveau législatif.

Si vous avez une meilleure compréhension que la mienne, le commentaires sont les bienvenus!

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Plus je lis (NY Times, Greenwald), plus je trouve bizarre le choix d’Obama.

Est-il vraiment sérieux dans son ambition de ré-inventer le système de santé américain?

Pourquoi choisir quelqu’un au passé aussi chargé?

La culture de corruption (souvent légale, parfois illégale) de Washington se retrouverait encore renforcée.

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Rush Limbaugh

Le paysage de la droite politique américaine prend un virage pour le moins intéressant ces jours-ci. Il y a quelques jours, et après 6 tours de scrutin, les Républicains choisissaient Michael Steele comme chairman du parti (secrétaire général, président, l’administrateur en chef des instances). Steele est africain-américain.

Mais ce n’est ni lui, ni John Boehner (le chef des Républicains à  la Chambre des représentants), ni Mitch McConnell (le chef des Républicains au Sénat) qui représente la droite depuis le départ de Bush.

C’est un animateur de talk radio! Depuis des années, Rush Limbaugh domine complètement les ondes AM des à‰tats-Unis avec une émission (très) populiste et toujours de droite, loin à  droite. Il a mené une campagne très dure contre la nomination de John McCain, le trouvant trop centriste.

Les dernières élections ayant eu comme résultat d’éliminer presque tous les Républicains modérés (il en reste quelques unes au Sénat et aucun à  la Chambre des représentants), le parti se trouve donc concentré vers son aile extrémiste. Et Limbaugh a toujours été la manifestation publique et vocale (vociférante, plutôt) de cette tendance.

Obama et son équipe ont bien compris cette réalité. Le président a commencé à  jouer les élus contre Limbaugh ces derniers jours, en présentant l’animateur comme le porte-parole des Républicains. Tactique machiavélique! Même si beaucoup d’élus Républicains sont effectivement très à  droite, ils ne partagent pas nécessairement les positions les plus extrémistes du tribun des ondes (anti-environnementalisme, anti-féminisme, anti-immigration, pro-torture et son racisme presque explicite). Mais ces mêmes politiciens ne peuvent pas se permettre de critiquer Limbaugh, car leurs électeurs sont aussi les fidèles auditeurs de Rush (13 millions!).

Obama semble jouer sur deux tableaux: d’une part il fait copain-copains avec les Répblicains (plusieurs d’entre eux seront à  la Maison Blanche ce soir pour voir le Super Bowl avec lui), et en même temps il tente de les pousser encore plus à  droite pour mieux rattraper les centristes et les modérés. à€ court terme, cettre approche tactique semble bonne, mais il court (et surtout il fait courir aux Américains) un risque de retour de balancier très violent si son plan de relance de l’économie ne fonctionne pas, ou ne fonctionne pas assez rapidement pour satisfaire l’électorat.

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Obama semble encore plus malin qu’on le croit! Il s’apprêterait à  nommer au poste (vacant depuis le retrait de Richardson) de Secrétaire du Commerce Judd Gregg.

M. Greg est présentement sénateur Républicain du New Hampshire. Or, le New Hampshire a un gouverneur Démocrate. Et comme on a pu le constater ces dernières semaines, le choix du remplaçant d’un sénateur revient (généralement, et c’est le cas au New Hampshire) au gouverneur. Le gourverneur du New Hampshire est Démocrate!

Donc, en comptant les sénateurs Démocrates élus (ou nommés), Allen du Minnesota (qui devrait gagner la bataille judiciaire en cours), Bernie Sanders, un socialiste (!) du Vermont qui vote évidemment avec les Démocrates, l’infâme Joe Lieberman, du Connecticut, qui s’aligne aussi avec les Démocrates, on arrive à  59! Il y a bien les deux dames du Maine qui votent parfois avec les Démocrates, mais ça demeure aléatoire.

Mais pourquoi viser 60 sénateurs sur les 100? Cette institution a des règles bizarres, dont le filibuster. Un sénateur peut arrêter les travaux de la chambre aussi longtemps qu’il le souhaite sauf si au moins 60 sénateurs votent contre lui.

Donc les Républicains sont en colère et font des pieds et des mains ce weekend pour soit convaincre Gregg de refuser le poste (ce qui serait surprenant: il doit affronter l’électoret en 2010 et le New Hamphire est de moins en moins Républicain), soit convaincre le gourverneur de nommer un nouveau sénateur Républicain, et il n’y a aucune raison que cela se produise.

à‡a c’est de la politique!

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Incroyable!

Le nouveau Secrétaire du Trésor d’Obama, Timothy Geithner, ne survivra pas (politiquement) à  2009 selon moi

Non seulement il oublie de payer ses impôts, mais on apprend qu’il a touché une prime de départ de 400K$ de la Banque de la Réserve Fédérale de New York. Le mec reçoit une prime de départ d’un job de fonctionnaire pour un autre job de fonctionnaire. (Bon, la Fed n’est pas strictement parlant le secteur public, mais c’est tout comme.)

L’équipe économique d’Obama, avec son ancien président d’Harvard aux propos sexistes et son Secrétaire du Trésor resquilleur d’impôts, ne semble pas très solide.

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Quel paradoxe! Les USA ont sans aucun doute l’infrastructure (universités, instituts de recherche, sociétés privées) la plus importante du monde et pourtant pendant 8 ans on se serait cru au Moyen-à‚ge en lisant les journaux. Une forme particulièrement superstitieuse de religion révélée, un souci constant de faire plaisir à  un certain électorat et un mariage flagrant avec l’industrie du pétrole ont animé les décisions à  caractère scientifique de la précédente administration.

Voici une brèeve (et très incomplète) liste des stupidités tout simplement incroyables de l’ère Bush jr.:

  • Interdiction (en fait refus de financement, ce qui revient au même) de la recherche sur les cellulles souches. Il y a bien eu des tentatives presque réussies de rétro activer des cellulles souches adultes, mais les premiers essais humains devraient débuter sous peu. Réalisés par une société qui a dû financer toutes ses recherches à  partir de capitaux privés;
  • Déni complet des causes humaines du réchauffement de la planète. La Maison Blanche faisait modifier par ses sbires des rapports scientifiques pour y supprimer toute mention du réchauffement!
  • Appui présidentiel de la thèse de la création intelligente. Et les combats contre Darwin se jouent encore réglièrement au niveau des états.

Deux caractéristiques fondamentales de la société américaine ont permis cette situation absurde: la prévalence du « gros bon sens » comme meilleur stratégie d’explication du monde et une importance croissante des religions chrétiennes révélées. Quand un président, et un parti, réussi à  faire croire à  une population qu’il s’agit là  des deux pilliers sur lequel baser un gouvernement, on se retrouve avec W.

Heuresement, le vrai bon sens semble avoir repris le dessus chez Oncle Sam. Obama a nommé un gagnant du Prix Nobel de physique (Steven Chu) au Département de l’à‰nergie, un autre physicien et environnementaliste convaincu (le Competitive Enterprise Institute le déteste, pas de meilleure carte de visite!), John Holdren, comme conseiller du président en matière sciences (Science Advisor). Les autres postes à  nature scientifique (Agence de protection de l’environnement, la création d’un Tzar pour coordonner les efforts du gouvernemetn sur ce sujet) reviennent toutes à  des personnes au CV solide.

La science est de retour. Le monde entier a besoin d’une activité scientifique en pleine vigueur aux à‰tats-Unis.

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Beaucoup de bruit et de discussions ces derniers jours sur les nominations de Clinton (Département d’à‰tat), Holder (Justice) et Geithner (Trésor), mais on n’entend pas beaucoup parler du Département du Commerce depuis le retrait de Richardson. (Le gouverneur du Nouveau Mexique et ancien ministre de Clinton est sous enquête pour financement illégal de ses dernières campagnes.)

Obama a fait couler beaucoup d’encre au cours des élections primaires avec des positions franchement protectionnistes, alors qu’il s’était toujours montré libéral sur les questions de commerce international auparavant. Les syndicats attendent donc une nomination qui démontrerait une intention d’augmenter les barrières au commerce (allant même jusqu’à  la renégociation du traité de libre-échange nord-américaine), alors que le le président doit chercher à  nommer un pur opérateur politique qui lui permettra de calmer aussi bien les ardeurs des syndicats que des organisation patronales. C’était là  la vraie raison, je crois, du choix de Richardson.

Je suppose qu’il préférera que les vraies batailles sociales (dont en premier lieu la réforme des élections syndicales) se jouent autour du Secrétaire du Travail. D’ailleurs, la femme sélectionnée par Obama, Hilda Solis, voit maintenant sa nomination bloquée par les républicains au Sénat.

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