Archive de la catégorie: ‘ Obama ’

Obama prix Nobel!

Quelle surprise ce matin. Je prépare mon café (merci Senséo!) et je démarre Firefox. À la une du New York Times: Obama reçoit le prix Nobel.

D’abord je ne comprends pas, puis je n’y crois pas. Je lis l’article. Alors j’y crois, mais je ne comprends toujours pas.

Certes, il a fait des propositions fondamentalement radicales sur le désarmement nucléaire, il a entamé des pourparlers directs avec Téhéran, il joue au videur avec Israël, il a promis de fermer Gitmo.
Mais, même au niveau de l’action internationale, certainement le meilleur aspect de son (court) bilan, il y aussi des points négatifs qui demeurent et qui ne sont pas près d’être régler: Irak et Afghanistan.

On peut espérer aujourd’hui une fin proche à l’aventure guerrière en Irak, mais il ne faut oublier qu’une des promesses les plus importantes d’Obama pendant la campagne portait sur l’importance que les États-Unis devaient porter à la guerre en Afghanistan car c’était la guerre « juste ».

Depuis quelques semaines, d’ailleurs, la Maison Blanche et le Pentagone sont attelés à un exercice de ré-évaluation complète du niveau de l’intervention américaine dans ce pays. Les militaires veulent plus d’hommes (40 000 de plus), le vice-président souhaite un retrait partiel. Mais ce qui va sans doute se passer c’est que la mission sera « re-définie » pour tenter de justifier le maintien des troupes actuelles pour permettre d’atteindre des objectifs moins ambitieux.

Donc, Oslo donne un prix pour la paix à un président qui mène 2 guerres de front!
Les sages Suédois Norvégiens doivent avoir des raisons qui dépassent la réalité actuelle pour se justifier à eux-même ce choix.

D’abord, il est évident dans le communiqué qu’il s’agit d’un prix anti-Bush.

Mais surtout, ce prix ne vise pas à reconnaître une réussite, mais à encourager une ligne d’action qui mène (éventuellement) à plus de paix.

Comme disent certains: « Le monde est pressé ».

Les non-Américains (surtout les Européens j’ai l’impression) veulent voir un retour à l’alliance Atlantique et souhaitent qu’Obama remplisse ses promesses.

Le prix Nobel est une carotte.

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Droits des homosexuels

Aux États-Unis, les trois grands sujets « culturels » qui divisent sont l’avortement, le port d’armes et les droits des homosexuels.

Le paysage législatif américain compte 2 lois fédérales qui limitent (voire qui renient) les droits des homosexuels: Don’t Ask, Don’t Tell, qui interdit aux forces armées de demander à ses membres s’ils sont homosexuels mais qui permet (oblige?) la mise à pied de tout soldat qui dit l’être. Et le Defense Or Marriage Act (DOMA), qui interdit à l’administration fédérale de reconnaître les conjoints de même sexe des employés de la fonction publique et qui permet aux États de ne pas reconnaître des mariages homosexuels célébrés dans d’autres États qui les permettent.

Obama a toujours affirmé vouloir éliminer la discrimation que subissent les homosexuels, mais il est personnellement au mariage pour les conjoints de même sexe.

Et on se souvient de la catastrophe politique qu’a été Don’t Ask, Don’t Tell pour Clinton. Il s’était attaqué à cette question dès le début de son mandat et souhaitait une ouverture plus grande des forces armées, mais a dû se contenter de ce compromis qui n’a satisfait personne.

Le nouveau président, pris dans ses propres doutes et conscient du coût politique de toute action sur ce sujet, tente de botter en touche depuis son assermentation. Mais il a connu de sérieuses ratées cette semaine.

Des avocats du Ministère de la Justice ont défendu ces derniers jours le DOMA, comme ils sont obligés de le faire, c’est la loi du pays, en comparant (indirectement, certes) les mariages homosexuels à la pédophilie et à l’inceste.

Évidemment, les activistes LGBT n’étaient pas contents. Pour se rattraper, Obama a annoncé hier qu’il ordonnait à l’administration fédérale de donner plus d’avantages sociaux aux « partenaires de vie » de même sexe. Comme l’avantage qui compte le plus aux USA, et de très loin, est l’assurance maladie, et que DOMA interdit spécifiquement au gouvernement fédéral d’accorder cette assurance au conjoints de même sexe, il n’a pu offrir que des prix de consolation.

« Les sièges de 2è classe sont maintenant un peu plus confortable », dit Rachel Maddow.

Il a également mentionné qu’il espérait que DOMA soit retiré le plus rapidement possible.

Pas un mot sur Don’t Ask, Don’t Tell

Visit msnbc.com for Breaking News, World News, and News about the Economy

J’aime bien Rachek, j’écoute le podcast de son émission tous les matins dans le bus!

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Le New York Times révèle aujourd’hui que le programme de surveillance électronique mis en place par Bush et Cheney est plus important que ce qui était connu précédemment.

(…) concerns in Congress about the agency’s ability to collect and read domestic e-mail messages of Americans on a widespread basis

La NSA (National Security Agency), le bras électronique du complexe de l’espionage et du contre-espionage américain, prétend que ses interceptions de conversations téléphoniques et de courriels de citoyens américains sur le sol des USA (ce qui est strictement interdit sans mandat d’un tribunal secret)  seraient rares et le produit d’erreurs de manipulation.

Même les courriels de Bill Clinton auraient été interceptés! (Think Progress)

Des législateurs mettent en doute la naïveté de la NSA:

Representative Rush Holt, Democrat of New Jersey and chairman of the House Select Intelligence Oversight Panel, has been investigating the incidents and said he had become increasingly troubled by the agency’s handling of domestic communications.

In an interview, Mr. Holt disputed assertions by Justice Department and national security officials that the overcollection was inadvertent.

“Some actions are so flagrant that they can’t be accidental,” Mr. Holt said.

L’administration a tenté récemment de mettre en place de nouvelles balises pour la loi soit respectée.

Donc, soit l’identification géographique de la source et/ou de la destination des courriels est trop difficile pour la NSA (l’interception des messages provenant ou à destination de l’étranger est légale), soit la NSA le fait exprès et brise volontairement la loi.

Connaissant le passé de cette histoire ET l’appui encore récent d’Obama à ce genre de manoeuvres (n’oublions pas que pendans la campagne présidentielle, alors qu’il était encore sénateur, il a voté en faveur d’une loi qui visait à protéger rétroactivement de toute poursuite civile les socitétés de télécom qui ont agit comme complices dans ce programme), on pourrait penser que la pression n’est pas trop forte pour faire cesser ces opérations.

Le règne de la peur continue.

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Obama et Emmanuel ont réussi à obtenir (de justesse) les votes nécessaires à la Chambre pour faire adopter la loi de financement supplémentaire.

Comme je l’ai écrit plus tôt cette semaine, les groupes de gauche ont tout fait pour que cette loi ne passe pas, car elle ne contient pas de restrictions sur le retrait des troupes d’Irak et d’Afghanistan.

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La présidence impériale de W. a été marquée par l’usage intensif des signing statements (déclarations de signature), ce pouvoir (pas tout à fait constitutionnel) du président des États-Unis d’ajouter des commentaires aux lois lors de leur signature.

Ces commentaires visent à joindre à la loi les règles d’interprétation que le président souhaite voir appliquer par l’exécutif et les agences chargées de faire respecter ces lois.

Dans les faits, Bush s’en servait pour rejeter des pans entiers des lois qu’il approuvait (ce qu’on appelle en anglais le line item veto et qui ne fait pas partie des pouvoirs du président, il peut approuver ou rejeter une loi en entier, pas en partie.)

Obama avait promis pendant la campagne de ne pas continuer cette pratique.

Il faut mentionner que ces signing statements existe depuis James Munroe, au début du XIXè siècle, mais que Bush a transformé la pratique en activité industrielle: il en a fait plus de 500 connus à ce jour (il reste peut-être des déclarations de signature secrètes).

Donc, où en est Obama sur cette question? Pas beaucoup de mention dans les médias et les blogues sur ce sujet depuis le mois de mars, quand Obama a annoncé sa politique de restreindre l’utilisation des signing statements et a ordonner à l’administration d’ignorer tous ceux fait par son prédecesseur.

Le Truth-O-Meter de PolitiFact nous rappelle la promesse d’Obama:

While it is legitimate for a president to issue a signing statement to clarify his understanding of ambiguous provisions of statutes and to explain his view of how he intends to faithfully execute the law, it is a clear abuse of power to use such statements as a license to evade laws that the president does not like or as an end-run around provisions designed to foster accountability. I will not use signing statements to nullify or undermine congressional instructions as enacted into law.

Alors, respecte-t-il sa promesse?

À deux reprises, semble-t-il, Obama a eu recours à cet artifice pour tenter d’éviter des effets des lois qu’il signait. Dès le mois de mars, lors de la signature de la loi de financement 08-09, il ajoutait une déclaration limitant les droits des whistle blowers, ces employés qui dénoncent des actes illégaux.

Et plus récemment, le président a encore utiliser un signing statement pour tenter de soustraire son administration aux demandes de renseignements d’une commission sur la crise économique.

The Hill:

President Obama on Wednesday said his administration would consider exerting executive privilege to possibly withhold information sought by a new commission set up by Congress to investigate the financial crisis.

As Obama signed a bill that creates a 10-member commission with subpoena power to look into the crisis, the White House issued a signing statement specifying that the administration would maintain its constitutional privileges over commission inquiries.

Les mauvaises habitudes sont difficiles à abandonner.

Certes, à ce jour, le président utilise moins cette méthode. Mais pourquoi ne pas simplement respecter ses promesses?

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Que ce serait-il passé depuis le 20 janvier si John  McCain avait gagné les élections de novembre dernier?

Salon publie aujourd’hui un article amusant qui pose la question: It is summer 2009, and John McCain is president.

Y aurait-il des différences? Selon Michael Lind:

But from the vantage point of mainstream American politics, the differences between the Obama administration and a hypothetical McCain administration would have been real and can be vividly illustrated by counterfactual history.

Alors amusons-nous aussi à faire des contrepèteries counterfactuals.

(Posons comme hypothèse qu’il n’y a pas de Congrès, ie. le président contrôle parfaitement l’agenda législatif.)

Comment McCain aurait-il réagi à la crise économique? Si on l’écoute aujourd’hui, il aurait coupé les impôts (pour les plus riches) et les dépenses publiques, donc pas d’aide aux États pour les programmes sociaux. Les USA s’enliseraient dans un dépression plus grave encore que la crise de 1929 et les villes seraient envahies de camp de tentes et de lignes interminables aux soupes populaires.

Politique internationale. Les Palestiniens en prennent pour leur rhume. L’Iran n’aurait pas connu de crise ces derniers jous:  les Israéliens, avec l’appui des Américains, auraient bombardé Téhéran en avril et la population se seraient ralliée à Ahmadinejad.

Torture. McCain aurait sans doute fait la même chose qu’Obama: arrêter tous les programmes et ne rien faire pour embêter les tortionnaires de Bush.

Réforme de la santé. Quoi? Que dites-vous? Je n’entends rien. La situation n’a pas changé depuis 40 ans, les Américains peuvent bien vivre 10 ou 15 ans de plus avec leur système actuel. Sauf que, c’est toute l’activité économique du pays qui est touchée par l’inaction. Les employeurs américains ne pourront pas supporter très longtemps ce désavantage compétitif et exporteront de plus en plus d’emplois.

Y aurai-til un chien à la Maison Blanche???

The Obama administration deserves, and can benefit from, thoughtful criticism. But before giving up on Obama after only a few months, critics of this president should ask: WWMD? (What Would McCain Do?)

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La gauche progressiste anti-guerre au Congrès est en train de faire dérailler le projet de loi du président visant à financer les activités militaires pour les prochains mois.

Bush a financé ses guerres via des projets de loi de financement hors-budget (supplemental), tactique que Obama avait promis d’abandonner.

Plusieurs représentants Démocrates avaient promis, à l’époque, de ne pas voter pourde tels propjets s’ils n’incluaient pas des stratégies mesurables de retrait des troupes.

Or, Obama a présenté un tel projet de financement supplémentaire il y a quelques jours.

Ce projet allait passer facilement, mais l’administration a décidé d’y ajouter un amendement visant à financer le Fonds monétaire international, amendement rejeté par les Républicains qui y voient une subvention aux banques européennes. Et le Sénat (Lieberman) a ajouté un amendement interdisant la publication de photos de prisonniers (nous en avons parlé ici). Les Démocrates ont accumulé assez de votes pour rejeter la loi de financement amendée par Lieberman. Elle reviendra donc devant la Chambre cette semaine.

Entre temps, les activistes progressistes de la blogosphère ont profité du délai pour mettre en branle une campagne de coups de téléphone et d’emails pour rappeler à certains élus qu’ils avaient promis de ne pas voter pour ce genre de loi. (Firedoglake ne parle que de cela depuis une semaine!)

L’administration n’est pas contente, mais pas contente du tout! Rahm Emanuel fait des pressions monstres sur les Représentants, surtout les rookies (nouveaux élus). Et on fait miroiter un projet de rachat des vieux bazous aux progressistes.

Il faut que 39 Démocrates votent « non » pour faire échouer le projet de loi. Les opposants croient avoir 35 votes.

Obama, qui s’est fait connaître grâce à son opposition à la guerre quand personne n’osait être contre, se voit maintenant obligé de combattre les élus qui s’y opposent encore.

Selon toutes probabilité, la loi passera. Et Obama aura dû dépenser du capital politique contre ses partisans de la première heure.

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Maher déçu d’Obama

Bill Maher commence en avoir assez du côté people du président:

Il se plaint des positions d’Obama sur la réforme du système de santé, le sauvetage des banques et ses positions sur les gaz à effet de serre.

Selon Maher, c’est le temps où jamais de faire des vraies réformes et Obama est trop timide.

I’m glad Obama is president, but the Audacity of Hope part is over. Right now, I’m hoping for a little more audacity.

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Obama a promis le changement lors de la campagne. On constate que sur tout ce qui touche aux secrets de Bush et Cheney, il ne livre pas la marchandise.

Et voici un autre aspect où le président continue business as usual.

Il est traditionnel aux USA que le président nomme quelques gros donateurs à des postes d’ambassadeurs dans des pays très amis (Angleterre, Vatican) ou dans des petits pays d’Europe du nord ou de l’est. On aurait pu s’attendre à ce qu’Obama chamboule tout cela et qu’il mette plutôt en place une strucure complètment professionnelle.

C’est un peu le contraire qui s’est passé. Non seulement il continue de distribuer les ambassades à ses plus importants donateurs, mais il confie aussi des postes difficiles à des gens sans expérience:

Pays Ambassadeur Contribution aux Démocrates $ Emploi précédent
Grande Bretagne Louis Susman 735 000 $ Banquier
France Charles Rivkin 883 000 $ Producteur de films d’animation
Japon John Roos 545 000 $ Avocat à Silicon Valley
Afrique du Sud Donald Gips 553 000 $ Communications
Espagne Alan Solomont 1.4 M $ Riche

Source: Political Junkie (NPR)

Et ces personnes n’ont pas d’expérience diplomatique.

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Les représentants démocrates progressistes ont réussi à empêcher le passage d’une loi qui aurait interdit, rétroactivement, la publication de photographies de prisonniers prises entre le 9 septembre 2001 et le 20 janvier 2009. (Voir ce billet de Greenwald pour une explication détaillée du contexte.)

On se souviendra qu’il y a quelques semaines, Obama a décidé de demander à la cour d’interdire la publication de photographies alors qu’il avait promis précédemment qu’il accepterait leur publication.

L’affaire va maintenant devant la Cour Suprême, mais il semble évident qu’elle forcera le gouvernement à autoriser la publication de ces photos.

Donc, le président s’est tourné vers Joe Lieberman qui a immédiatement rédigé un amendement au projet de loi de finanement supplémentaire pour les guerres d’Iraq et d’Afghanistan. La Chambre des représentants avaient passé la loi sans cet amendement, mais les Sénateurs l’ont adopté. Le tout se retrouvait donc en comité conjoint, mais des représentants démocrates ont menacé de voter contre le projet de loi dans son entier si l’amendement était inclus. Et comme les représentants républicains sont opposés à la loi pour d’autres raisons (un financement de 5 miliards $ au Fond Monétaire International), il n’y avait plus assez de Démocrates pour en assurer le passage.

Firedoglake, un blog progressiste, a rapporté hier que l’amendement avait été abandoné.

Que peut-on attendre d’Obama maintenant?

Si la tendance se maintient, il trouvera d’autres moyens pour conserver cachée dans un coin sombre toute la saga Bush-Cheney.

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Quelle semaine!

Obama a fait jeudi un discour majeur exposant ses objectifs de réforme du système judiciaire américain dans le cadre de la lutte anti-terrorisme. Et il n’y a pas beaucoup de choses qui peuvent plaire dans ses idées. Essentiellement, il souhaite permettre la détention prolongée de personnes soupçonnée de connexions terroristes. Détention sans mise en accusation et sans procès.

Qui aurait cru qu’Obama irait encore plus loin que Bush vers la suppression de l’état de droit?

Le nouveau président souhaite rendre légale une pratique que l’ancien utilisait sans en avoir demandé le pouvoir.

Et même le New York Times, dans un éditorial de vendredi, approuve. Comment la gauche (douce) américaine peut en être rendue là? Ce qu’Obama demande, c’est d’officialiser le pouvoir du président de retirer de la circulation qui il veut sans avoir à se justifier. En fait, les lois anti-terroristes américaines sont déjà très souples et permettent l’emprisonnement (long) pour le support au terrorisme, ce qui inclut participer à un camp d’entraînement et diffuser une chaîne de Hezbollah. Ce que veut réellement Obama, c’est de pouvoir emprisonner des gens qui ne pourraient pas être jugés à cause des mauvais traitements qu’ils ont reçu lors de leurs interrogatoires.

Mais comment mettre des limites à ce qui est finalement une proposition de retirer toutes les limites?

Et qui a donné la réplique répubicaine à ce surprenant discour? Dick Cheney. Ce même Cheney qui fuyait les entrevues et les journalistes du temps qu’il était vice-président est maintenant devant les caméras plusieurs fois par semaine. Cheney, évidemment, cherche à faire assez de bruit pour tenter d’éviter toute poursuite criminelle pour son implication dans la politque de torture systématique qu’il a menée pendent des années. Il doit se dire que s’il demeure au devant de l’opinion, toute accusation portée contre lui pourra être présentée comme une tentative de faire taire ses critques face à Obama. (Mentionnons également qu’il parie sur les terroristes: en disant que la nouvelle administration ne fait pas son boulot, une nouvelle attaque importante sur le sol américain serait immédiatement présentée comme la justification de tout ce qu’il a fait auparavant.)

Les Républicains en sont rendus à ne pas pouvoir présenter un porte-parole plus en ligne avec la réalité et doivent se contenter d’un vieux criminel.

Est-ce que les Américains vont réaliser un jour que permettre à la droite de se retrancher sur sa base chrétienne et ultra-conservatrice enlève toute crédibilité à l’opposition et qu’ils se retrouvent maintenant avec un président démocrate qui veut suspendre, pour toujours, la règle du droit?

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Mais où va Obama?

Certes il a fermé la plupart des prisons plus ou moins secrètes des USA. Mais on ne voit pas de progrès à Gitmo. Et on ne sait pas grand chose sur Baghram.

Oui, il a autorisé la publication de mémos embarrassants du ministère de la justice, mais ils auraient été publiés de toute façon.

Mais, il continue les tactiques légales de l’administration Bush qui visent à tenir cachées le plus d’informations possible sur les technique de la CIA.

Et cette semaine, il est revenu sur une promesse faite il y a moins d’un mois de publier des photos de mauvais traitements de prisonniers, en reprenant exactement le raisonnement de Bush et Cheney: il ne s’agit que d’écarts de conduite isolés de la part de soldats s’ennuyant dans le désert.

J’ai avancé avant-hier la théorie qu’il s’agissait d’un plan machiavélique pour tenir à l’écart du leadership républicain les hommes politiques ayant une once de jugeote.

Mais même moi je ne crois pas que ce soit la vraie raison.

On pourra dire, comme on a dit de Bush et d’autres chefs d’État, qu’il et mal conseillé. Mais ce n’est pas une excuse. Et je ne vois pas qui pourrait le tromper à ce point.

Le seul et unique responsable est bien Obama.

Veut-il vraiment se concentrer sur les éléments importants à venir de son programme législatif et ne pas détourner l’attention publique sur des événements qui ne pourraient que ralentir la mise en place de son programme?

Ça paraît de moins en moins crédible, car les crimes de l’administration précédente occupe déjà beaucoup la place publique et le feront de plus en plus.

Je crois plutôt qu’il espère que si la crise éclate, et elle éclatera, qu’il ne veut pas en être vu comme l’instigateur.

Mais si c’est le cas, il en fait trop. On commence à le considérer comme un complice après les faits.

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Obama a réussi à  faire voter son plan de relance par le Congrès et l’a vendu de façon magistrale aux citoyens hier soir lors de son discours devant les chambres du Congrès.

C’est la premier acte. Il tente de réparer les pots cassés. Mais il reste encore un second acte, il faut corriger le système en profondeur pour éviter que ce genre de problèmes de ré-apparaisse.

C’est ce qu’a fait Roosevelt dans les années 30 et c’est ce que le Président a annoncé.

Les Européens sont en train de concocter une position commune sur ce sujet qu’ils espèrent bien faire adopter par le G20 dans quelques semaines à  Londres.

Si les objectifs sont convergents, il reste à  voir comment vont réagir les Américains, et surtout les élus, à  ce qu’ils considéreront certainement comme un coup de force des Européens.

Il faudrait que le Président et/ou quelques Sénateurs proposent dès maintenant un plan qui ressemble à  l’approche européenne.

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Quelle déception. Hier, l’administration Obama avait, pour la première fois, la chance de montrer son vrai visage sur la question de la torture. Résultat: ça ressemble vachement à  Bush.

Petit résumé de l’histoire. 5 hommes poursuivent une filiale de Boing (Jeppesen) pour avoir jouer un rôle important dans leur déportation vers des pays « amis », dont le Maroc, pour y être brutalement torturés. Lors du procès en première instance, en Californie, le juge a interrompu le procès suite à  la demande de l’administration (Bush), qui prétend que dévoilé certains renseignements pertinents à  cette affaire mettrait en danger la sécurité des USA. Cette fois, en appel, le juge a demandé au procureur si des événements récents remettaient en question cette position. Le représentant de l’administration (Obama) a répondu que non, les responsables actuels du Ministère de la justice maintenaient la position précédente.

Andrew Sullivan ne souhaite pas arriver trop tôt à  des conclusions basée sur des « non décisions », ie. maintenir des positions de l’administration précédente.

Glenn Greenwald, quant à  lui, est en colère (ici et ici). Il reprend les arguments de l’ACLU (American Civil Liberties Union, un organisation qui défend les droits civils).

Il ajoute:

It will be extremely difficult for even the most loyal Obama followers to deny that this was an active and conscious decision on the part of the Obama DOJ to embrace one of the most extreme abuses of the Bush presidency.

Cependant, Sullivan n’est pas le seul à  s’accrocher. Le NY Times adoucit la réalité en mentionnant que, selon un porte-parole du Ministère de la Justice, à  partir de maintenant, cet argument serait utilisé moins souvent.

Keith Olberman, hier soir sur MSNBC, cherche à  y croire en répétant une promesse récente du nouvel Attorney General, Timothy Holder, de procéder à  une révision cas par cas de toutes les poursuites encore en cours où le gouverment a utilisé l’argument du secret d’état.

Le seul argument qui pourrait éventuellement me convaincre impliquerait des renseignements concernant le Maroc ou un autre pays de tortionnaires dont la divulgation risquerait de rendre la relation avec les à‰tats-Unis invivable.

Mais même dans ce cas, Obama et Holder aurait dû réagir différemment.

On ne peut pas vouloir personnaliser le changement et continuer les pires politiques de Bush.

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Je dois avouer que je suis un peu mêlé. Je ne suis pas sûr quelle attitude adopter après ces premiers jours de l’ère Obama.

Il y a eu des signes encourageants: torture, dialogue, économie.

Il y a aussi eu des moments désespérants: torture, dialogue, économie.

Où finira-t-il sur ces sujets? Et plusieurs autres qui arriveront bientôt (Irak, droit du travail, défense du privilège exécutif, poursuite de membres de l’administration précédente pour crimes de guerre)?

Ces derniers jours nous ont fait voir un visage de l’équipe Obama que nous ne connaissions pas. Elle a semblé désorganisée.

Ou, peut-être, encore plus centriste qu’on pouvait le craindre. (Est-ce qu’Obama serait le nouveau Clinton?)

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Plus je lis (NY Times, Greenwald), plus je trouve bizarre le choix d’Obama.

Est-il vraiment sérieux dans son ambition de ré-inventer le système de santé américain?

Pourquoi choisir quelqu’un au passé aussi chargé?

La culture de corruption (souvent légale, parfois illégale) de Washington se retrouverait encore renforcée.

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Rush Limbaugh

Le paysage de la droite politique américaine prend un virage pour le moins intéressant ces jours-ci. Il y a quelques jours, et après 6 tours de scrutin, les Républicains choisissaient Michael Steele comme chairman du parti (secrétaire général, président, l’administrateur en chef des instances). Steele est africain-américain.

Mais ce n’est ni lui, ni John Boehner (le chef des Républicains à  la Chambre des représentants), ni Mitch McConnell (le chef des Républicains au Sénat) qui représente la droite depuis le départ de Bush.

C’est un animateur de talk radio! Depuis des années, Rush Limbaugh domine complètement les ondes AM des à‰tats-Unis avec une émission (très) populiste et toujours de droite, loin à  droite. Il a mené une campagne très dure contre la nomination de John McCain, le trouvant trop centriste.

Les dernières élections ayant eu comme résultat d’éliminer presque tous les Républicains modérés (il en reste quelques unes au Sénat et aucun à  la Chambre des représentants), le parti se trouve donc concentré vers son aile extrémiste. Et Limbaugh a toujours été la manifestation publique et vocale (vociférante, plutôt) de cette tendance.

Obama et son équipe ont bien compris cette réalité. Le président a commencé à  jouer les élus contre Limbaugh ces derniers jours, en présentant l’animateur comme le porte-parole des Républicains. Tactique machiavélique! Même si beaucoup d’élus Républicains sont effectivement très à  droite, ils ne partagent pas nécessairement les positions les plus extrémistes du tribun des ondes (anti-environnementalisme, anti-féminisme, anti-immigration, pro-torture et son racisme presque explicite). Mais ces mêmes politiciens ne peuvent pas se permettre de critiquer Limbaugh, car leurs électeurs sont aussi les fidèles auditeurs de Rush (13 millions!).

Obama semble jouer sur deux tableaux: d’une part il fait copain-copains avec les Répblicains (plusieurs d’entre eux seront à  la Maison Blanche ce soir pour voir le Super Bowl avec lui), et en même temps il tente de les pousser encore plus à  droite pour mieux rattraper les centristes et les modérés. à€ court terme, cettre approche tactique semble bonne, mais il court (et surtout il fait courir aux Américains) un risque de retour de balancier très violent si son plan de relance de l’économie ne fonctionne pas, ou ne fonctionne pas assez rapidement pour satisfaire l’électorat.

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Comment s’anonce la présidence d’Obama? Cette première journée annonce des choses intéressantes et des effets de manche pour épater la gallerie.

L’intéressant, d’abord: Obama n’a pas perdu son temps et a tout de suite contacté 4 leaders du moyen-orient: Mubarak (à‰gypte), Olmert (Israà«l), Abdullah (Jordanie) et Abbas (autorité palestinenne). Et si, comme on peut le supposer, il s’agissait d’appels sérieux et non de simples salamalecs de bienvenue, on voit déjà  l’immence changement. On notera l’absence de al-Maliki de cette liste, l’Irak n’est définitivement pas la priorité d’Obama.

Je ne crois pas que les à‰tats-Unis soient l’acteur principal de ce qui va, doit, se jouer dans cette région, mais elle aura un rôle important à  jouer. C’est ce que semble indiquer l’agenda du président aujourd’hui: favorisons les échanges entre les acteurs et jouons, lorsque nécessaire, un rôle d’intermédiaire. Mais certainement beaucoup moins d’interventions directes. On ne s’ennuiera pas de Bush!

Pour la gallerie: gel des salaires des conseillers du président. On s’en fout. Ce n’est pas ces sommes ridicules (par rapport au budget de l’état) qui vont changer quelque chose, et ces gens ne sont pas élus. Le président peut s’en débarasser quamd il veut.

Gitmo? Pas aujourd’hui. Jeudi ou vendredi, selon la Maison Blanche.

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Enfin!

Après 8 ans à  douter de la capacité des Américains à  se représenter eux-mêmes via un être capable de faire une phrase complète, Barrack Obama a prêté serment ce midi.

Est-ce que tout a changé d’un seul coup? En fait, oui. La raison reprend le dessus, mais l’imagination conserve son droit de nation.
Les problèmes qui se présentent devant le nouveau président sont importants, mais pas au point de l’empêcher de démarrer des réformes qui pourraient permettre aux à‰tats-Unis de pouvoir recommencer à  exprimer toute la créativité qu’on trouve dans cette nation, en débarrassant le pays de cette couche d’ignorantisme qui la menaçait (et la menace encore).
Bonne chance!

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