La science aux États-Unis
Quel paradoxe! Les USA ont sans aucun doute l’infrastructure (universités, instituts de recherche, sociétés privées) la plus importante du monde et pourtant pendant 8 ans on se serait cru au Moyen-à‚ge en lisant les journaux. Une forme particulièrement superstitieuse de religion révélée, un souci constant de faire plaisir à un certain électorat et un mariage flagrant avec l’industrie du pétrole ont animé les décisions à caractère scientifique de la précédente administration.
Voici une brèeve (et très incomplète) liste des stupidités tout simplement incroyables de l’ère Bush jr.:
- Interdiction (en fait refus de financement, ce qui revient au même) de la recherche sur les cellulles souches. Il y a bien eu des tentatives presque réussies de rétro activer des cellulles souches adultes, mais les premiers essais humains devraient débuter sous peu. Réalisés par une société qui a dû financer toutes ses recherches à partir de capitaux privés;
- Déni complet des causes humaines du réchauffement de la planète. La Maison Blanche faisait modifier par ses sbires des rapports scientifiques pour y supprimer toute mention du réchauffement!
- Appui présidentiel de la thèse de la création intelligente. Et les combats contre Darwin se jouent encore réglièrement au niveau des états.
Deux caractéristiques fondamentales de la société américaine ont permis cette situation absurde: la prévalence du « gros bon sens » comme meilleur stratégie d’explication du monde et une importance croissante des religions chrétiennes révélées. Quand un président, et un parti, réussi à faire croire à une population qu’il s’agit là des deux pilliers sur lequel baser un gouvernement, on se retrouve avec W.
Heuresement, le vrai bon sens semble avoir repris le dessus chez Oncle Sam. Obama a nommé un gagnant du Prix Nobel de physique (Steven Chu) au Département de l’à‰nergie, un autre physicien et environnementaliste convaincu (le Competitive Enterprise Institute le déteste, pas de meilleure carte de visite!), John Holdren, comme conseiller du président en matière sciences (Science Advisor). Les autres postes à nature scientifique (Agence de protection de l’environnement, la création d’un Tzar pour coordonner les efforts du gouvernemetn sur ce sujet) reviennent toutes à des personnes au CV solide.
La science est de retour. Le monde entier a besoin d’une activité scientifique en pleine vigueur aux à‰tats-Unis.


