Obama (son Secrétaire de presse, Robert Gibbs, en fait) a réussi à  convaincre tout le spectre politique américain! Les Démocrates et les Républicains, les progressistes et les conservateurs, tous sont d’accord, Ruch Limbaugh est le leader incontesté des conservateurs ET du parti Républicain.

Qui peut encore dire que l’administration n’est pas bipartisane?

à‰videmment, les objectifs de chacun ne sont pas les mêmes.

Limbaugh est un populiste conservateurs assez dégoûtant qui arrose une foule immense tous les matins de sa verve radiophonique. Ses millions auditeurs votent Républicain à  90% (au moins). Les élus de droite ne peuvent donc pas l’ignorer. La semaine dernière, lors d’une manifestion conservatrice annuelle, Rush a eu droit à  une séance de consécration de son statut.

Selon certains, il ressemblait plus à  un chef  mafieu de l’Europe de l’est qu’à  un politicien:

Rush Limbaugh - CPAC 2009

Rush Limbaugh - CPAC 2009

Lors de cette prestation (!), il a surtout défendu que les Conservateurs devaient espérer que Obama échoue.

Et c’est à  ce moment que la Maison Blanche a repris le bâton, en affirmant que Limbaugh était devenu le véritable leader de la droite et que les journalistes devaient demander aux élus Républicains s’ils étaient d’accord avec lui.

Ainsi, les Sénateurs et Représentants Républicains se retrouvent devain un beau dilemme: approuver Limbaugh et espérer que le plan de relance de l’économie échoue ou le rejeter et se mettre à  dos ses auditeurs fidèles.

Michael Steele, le secrétaire général du GOP, a bien essayé de remettre Limbaugh à  sa place ce weekend, mais il a dû faire des excuses publiques 2 jours plus tard!

Et on peut supposer que les Démocrates voient plus loin que les remarques récentes de Limbaugh. Depuis des années qu’il sévit sur les ondes AM, il en a dit des âneries. Il en a contre les noirs, les Mexicains, les femmes, les handicapés, les malades… Tôt ou tard, les Républicains devront se positionner par rapport à  tout cela. Devront-ils encore s’excuser?

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On se doutait bien que le paysage conservateur américain avait changé radicalement au cours des dernières années et que le coup de grâce des élections de novembre 2008 avait laissé un mouvement en ruine qui n’était même pas prêt à  amorcer sa reconstruction idéologique.

Mais, pour ma part, je n’avais quand même pas vu venir la réalité d’un parti Républicain aussi insipide que ce qu’il démontre ces jours-ci.

Le Grand Old Party (GOP) des (avant-)dernières années était une coalition fragile d’impérialistes néocons, de fondamentalsites chrétiens et de conservateurs économiques. (Les premiers proposant des idées, les derniers l’argent et les autres les votes.) Mais TOUTES les parties de cette entreprises sont en faillite! L’impérialisme militaire a échoué lamentablemetn en Irak et est en train de connaître le même sorte en Afghanistan, le conservatisme économique a mené directement à  la crise actuel et les Américains eux-mêmes commencent à  reconnaître les excès des fondamentalistes.

Qu’est-ce que ça donne? L’hallucinant spectacle que nous ont offert les élus Républicains ces derniers jours, l’incroyable Michael Steele en tête: la stratégie du NON et l’espoir explicite que le plan de relance d’Obama échoue et que l’économie aille encore plus mal dans 2 ans pour que les électeurs reviennent vers eux!

Leur seule tactique est l’obstruction (voir tout ce qu’ils font pour exiger toujours une super-majorité de 60 votes au Sénat et pour tenter de retarder l’arrivée de Franken, le 59è Démocrate) et leur seule idée est la rectitude budgétaire dans une période où exactement le contraire est nécessaire et après 8 ans de déficits records où l’accumulation de surplus (ou au moins l’équilibre) aurait été de mise.

Leur défaite, leur rejet en fait, de 2008 a été tellement importante qu’ils doivent maintenant se ré-inventer au complet. Et il est difficile, à  ce stade, de voir d’où viendra ce renouveau. Les élus fédéraux du GOP ont décidé de refaire un Gingrich (opposer absolument tout et espérer que ça les aidera en 2012, voir la chronique de Frank Rich sur leurs chances de succès) et ne vont donc pas chercher à  se refaire.

J’ai déjà  parlé de Limbaugh. C’est sans doute le plus gros boulet des Républicains aujourd’hui. C’est un frein monumental à  leur évolution. Et que dire de Palin?

Que reste-il? Des gouverneurs, peut-être. Crist en Floride, Bobby Jindal en Louisianne, Jeb Bush (un troisième!) aussi de Floride, Romney ancien gouverneur du Massachussets? Il faudra bien plus que des personnalités qui atteingnent un certain niveau de popularité, il faut reconstruire toute la coalition sur de nouvelles bases, avec de nouveaux objectifs. Et là , on voit mal comment ça pourrait se faire dans le 2 ou 4 prochaines années.

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