Tim Pawlenty

Tim Pawlenty, gouverneur du Minnesota, a annoncé récemment qu’il ne représenterait pas à ce poste l’an prochain. Immédiatement, tous les pundits des résaus câblés en ont conclu que c’était pour mieux préparer sa candidature aux primaires présidentielles républicaines de 2012.

Il ferait sans doute un bon candidat Républicain face à un Obama théoritiquement encore populaire: il incarne les valeurs conservatrices de la base du parti et n’aurait aucune chance de gagner.

Ses positions à la tête du Minnesota sont relativement à droite sur les sujets qui importent le plus aux conservateurs (affichage de la date de fin du visa sur le permis de conduire, période d’attente obligatoire avant un avortement, budget équilibré sans augmentation d’imôts, libéralisation du port d’armes…). Mais il devra jouer un jeu d’équilibre dangereux dans quelques semaines.

La Cour Suprême du Minnesota devrait,  selon toute probabilité, déclaré Al Franken (D) victorieux après un nouveau décompte et 2 appels pour l’élection sénatoriale de l’an dernier. Pawlenty, en tant que gouverneur, pourra alors en toute conscience signer le certificat d’élection. Mais Coleman, le Républicain, fera certainement appel devant la Cour Fédérale. Pawlenty subira alors des pressions immenses pour ne pas signer ce certificat et donner aux Démocrates un 60è siège au Sénat. En refusant de signer, le gouverneur sera bien vu par la base du parti et surtout par les gros donneurs. Mais il devient ridicule de refuse à son État la moitié de sa représentation sénatoriale, ça ne fait pas très statesman.

Comment se dessine la course, 30 mois avant les caucus de l’Iowa?

Newt Gingrich fait beaucoup de bruit en ce moment en traitant Sonia Sotomayor un jour sur deux, mais il est beaucoup trop ancien pour faire un candidat sérieux, même contre un adversaire presque certain de la victoire.

Sarah Palin est… Sarah Palin. Sa candidature, ou du moins sa victoire, est tout aussi inimaginable aujourd’hui qu’elle l’a toujours été.

Bobby Jindal se remettra-t-il de sa prestation de février dernier? Pas cette année en tout cas.

Mark Sanford, Mitt Romney, Mike Huckabee et Tim Pawlenty forment à ce jour le carré des favoris.

Sandford, le gouverneur de la Caroline du Sud, est coincé dans ses positions économiques et devra combattre son image d’homme blanc du su. Romney a beaucoup d’argent, beaucoup d’expérience et une expérience du monde des affaires qui devrait l’avantager en cette période de crise. Huckabee représente la droite religieuse. Pawlenty, quant à lui, n’est pas aussi présent que les autres sur la scène nationale, mais il débutera la course avec de bonnes réserves financières et pourrait faire son chemin.

Commentaires (2)

Comme tout le monde, j’ai profité des derniers jours pour me moquer de la profonde débandade des Républicains en écrivant sur le « rôle » de Rush Limbaugh pour le parti. Ce n’est pas pour rien que la Maison Blanche, Rahm Emmanuel en tête, mousse l’animateur de radio: on ne peut imaginer pire figure de proue pour le GOP.

Mais il est évident que Limbaugh ne jouera jamais un rôle d’élu pour les Républicain.

Qui donc pourrait se pointer au cours des prochains mois? Sarah Palin ou Bobby Jindal? Je ne vois pas la droite retomber dans un tel populisme religieux. Newt Gingrich (le retour de Monsieur Non)? Sans doute trop de squelettes dans son placard.

Non, le réel leader qui émergera de l’ombre est certainement Mitt Romney.

Il a une expérience exécutive (Gouverneur du Massachussets), c’est un homme d’affaires qui a réussi et il a déjà  su convaincre des progrssistes de l’élire.

S’il a complètement raté son coup en 2008, c’est certainement parce qu’il a voulu trop jouer la carte conservatrice et se montrer plus à  droite que le reste du champ. Mais les extrême drotistes Républicains n’ont pas fait, et ne feront jamais, confiance à  sa religion.

S’il réussi à  se repositionner plus au centre et fait jouer son expérince bi-partisane et sa connaissance du business, peut-être aura-t-il alors des chances de convaincre des Républicains que ce n’est pas d’un virage à  droite qu’ils ont besoin, mais bien de pragmatisme.

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On se doutait bien que le paysage conservateur américain avait changé radicalement au cours des dernières années et que le coup de grâce des élections de novembre 2008 avait laissé un mouvement en ruine qui n’était même pas prêt à  amorcer sa reconstruction idéologique.

Mais, pour ma part, je n’avais quand même pas vu venir la réalité d’un parti Républicain aussi insipide que ce qu’il démontre ces jours-ci.

Le Grand Old Party (GOP) des (avant-)dernières années était une coalition fragile d’impérialistes néocons, de fondamentalsites chrétiens et de conservateurs économiques. (Les premiers proposant des idées, les derniers l’argent et les autres les votes.) Mais TOUTES les parties de cette entreprises sont en faillite! L’impérialisme militaire a échoué lamentablemetn en Irak et est en train de connaître le même sorte en Afghanistan, le conservatisme économique a mené directement à  la crise actuel et les Américains eux-mêmes commencent à  reconnaître les excès des fondamentalistes.

Qu’est-ce que ça donne? L’hallucinant spectacle que nous ont offert les élus Républicains ces derniers jours, l’incroyable Michael Steele en tête: la stratégie du NON et l’espoir explicite que le plan de relance d’Obama échoue et que l’économie aille encore plus mal dans 2 ans pour que les électeurs reviennent vers eux!

Leur seule tactique est l’obstruction (voir tout ce qu’ils font pour exiger toujours une super-majorité de 60 votes au Sénat et pour tenter de retarder l’arrivée de Franken, le 59è Démocrate) et leur seule idée est la rectitude budgétaire dans une période où exactement le contraire est nécessaire et après 8 ans de déficits records où l’accumulation de surplus (ou au moins l’équilibre) aurait été de mise.

Leur défaite, leur rejet en fait, de 2008 a été tellement importante qu’ils doivent maintenant se ré-inventer au complet. Et il est difficile, à  ce stade, de voir d’où viendra ce renouveau. Les élus fédéraux du GOP ont décidé de refaire un Gingrich (opposer absolument tout et espérer que ça les aidera en 2012, voir la chronique de Frank Rich sur leurs chances de succès) et ne vont donc pas chercher à  se refaire.

J’ai déjà  parlé de Limbaugh. C’est sans doute le plus gros boulet des Républicains aujourd’hui. C’est un frein monumental à  leur évolution. Et que dire de Palin?

Que reste-il? Des gouverneurs, peut-être. Crist en Floride, Bobby Jindal en Louisianne, Jeb Bush (un troisième!) aussi de Floride, Romney ancien gouverneur du Massachussets? Il faudra bien plus que des personnalités qui atteingnent un certain niveau de popularité, il faut reconstruire toute la coalition sur de nouvelles bases, avec de nouveaux objectifs. Et là , on voit mal comment ça pourrait se faire dans le 2 ou 4 prochaines années.

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