Quelle semaine!

Obama a fait jeudi un discour majeur exposant ses objectifs de réforme du système judiciaire américain dans le cadre de la lutte anti-terrorisme. Et il n’y a pas beaucoup de choses qui peuvent plaire dans ses idées. Essentiellement, il souhaite permettre la détention prolongée de personnes soupçonnée de connexions terroristes. Détention sans mise en accusation et sans procès.

Qui aurait cru qu’Obama irait encore plus loin que Bush vers la suppression de l’état de droit?

Le nouveau président souhaite rendre légale une pratique que l’ancien utilisait sans en avoir demandé le pouvoir.

Et même le New York Times, dans un éditorial de vendredi, approuve. Comment la gauche (douce) américaine peut en être rendue là? Ce qu’Obama demande, c’est d’officialiser le pouvoir du président de retirer de la circulation qui il veut sans avoir à se justifier. En fait, les lois anti-terroristes américaines sont déjà très souples et permettent l’emprisonnement (long) pour le support au terrorisme, ce qui inclut participer à un camp d’entraînement et diffuser une chaîne de Hezbollah. Ce que veut réellement Obama, c’est de pouvoir emprisonner des gens qui ne pourraient pas être jugés à cause des mauvais traitements qu’ils ont reçu lors de leurs interrogatoires.

Mais comment mettre des limites à ce qui est finalement une proposition de retirer toutes les limites?

Et qui a donné la réplique répubicaine à ce surprenant discour? Dick Cheney. Ce même Cheney qui fuyait les entrevues et les journalistes du temps qu’il était vice-président est maintenant devant les caméras plusieurs fois par semaine. Cheney, évidemment, cherche à faire assez de bruit pour tenter d’éviter toute poursuite criminelle pour son implication dans la politque de torture systématique qu’il a menée pendent des années. Il doit se dire que s’il demeure au devant de l’opinion, toute accusation portée contre lui pourra être présentée comme une tentative de faire taire ses critques face à Obama. (Mentionnons également qu’il parie sur les terroristes: en disant que la nouvelle administration ne fait pas son boulot, une nouvelle attaque importante sur le sol américain serait immédiatement présentée comme la justification de tout ce qu’il a fait auparavant.)

Les Républicains en sont rendus à ne pas pouvoir présenter un porte-parole plus en ligne avec la réalité et doivent se contenter d’un vieux criminel.

Est-ce que les Américains vont réaliser un jour que permettre à la droite de se retrancher sur sa base chrétienne et ultra-conservatrice enlève toute crédibilité à l’opposition et qu’ils se retrouvent maintenant avec un président démocrate qui veut suspendre, pour toujours, la règle du droit?

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On commence déjà  à  faire les comptes pour la campagne présidentielle de 2012!

The Fix, le blog de Chris Cillizza au Washington Post, publie aujourd’hui un billet sur la récolte de 2008 de Bobby Jindal. Le gouverneur Républicain de la Louisianne a obtenu des contributions totalisant 3,5M$ l’an dernier, alors qu’il n’aura probablement d’adversaire sérieux en 2010.  Selon Cilliza, il se positionne pour les primaires du GOP de 2012. Un des critères les plus importants pour les candidats Républicains sera leur capacité à  lever des fonds pour faire face à  Obama.

Obama a récolté 750M$ en 2008 et devrait être capable de lever 1 milliard $ en 2012.

1 milliard.

Because the first — and highest — bar for any potential Republican candidate to clear is to show he or she has the capacity to raise the vast sums that will almost certainly be required to run a competitive race against President Obama.

The president raised roughly $750 million during the 2008 campaign, and it’s almost certain that he will raise $1 billion (and possibly MUCH more) for his 2012 re-election race.

Et peut-être BEAUCOUP plus.

C’est ridicule. Parce que cet argent ne provient pas, quoique laissent croire les fans d’Obama, que de petits donneurs. Les bundlers (des gens qui rassemblent pour le candidats des dons de gros donneurs), les syndicats et les corporations demeurent des sources importantes de financement. Comment plaider l’indépendance quand on a reçu et qu’on espère encore recevoir tant d’argent de gens aux intérêts directement liés aux choix d’orientations qu’il va devoir imposer?

Comment un tel système peut-il ne pas imploser sous le poids d’exigences aussi contradictoires que les conflits d’intérêt, le droit de vote et la liberté d’expression?

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