Comme tout le monde, j’ai profité des derniers jours pour me moquer de la profonde débandade des Républicains en écrivant sur le « rôle » de Rush Limbaugh pour le parti. Ce n’est pas pour rien que la Maison Blanche, Rahm Emmanuel en tête, mousse l’animateur de radio: on ne peut imaginer pire figure de proue pour le GOP.

Mais il est évident que Limbaugh ne jouera jamais un rôle d’élu pour les Républicain.

Qui donc pourrait se pointer au cours des prochains mois? Sarah Palin ou Bobby Jindal? Je ne vois pas la droite retomber dans un tel populisme religieux. Newt Gingrich (le retour de Monsieur Non)? Sans doute trop de squelettes dans son placard.

Non, le réel leader qui émergera de l’ombre est certainement Mitt Romney.

Il a une expérience exécutive (Gouverneur du Massachussets), c’est un homme d’affaires qui a réussi et il a déjà  su convaincre des progrssistes de l’élire.

S’il a complètement raté son coup en 2008, c’est certainement parce qu’il a voulu trop jouer la carte conservatrice et se montrer plus à  droite que le reste du champ. Mais les extrême drotistes Républicains n’ont pas fait, et ne feront jamais, confiance à  sa religion.

S’il réussi à  se repositionner plus au centre et fait jouer son expérince bi-partisane et sa connaissance du business, peut-être aura-t-il alors des chances de convaincre des Républicains que ce n’est pas d’un virage à  droite qu’ils ont besoin, mais bien de pragmatisme.

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Obama (son Secrétaire de presse, Robert Gibbs, en fait) a réussi à  convaincre tout le spectre politique américain! Les Démocrates et les Républicains, les progressistes et les conservateurs, tous sont d’accord, Ruch Limbaugh est le leader incontesté des conservateurs ET du parti Républicain.

Qui peut encore dire que l’administration n’est pas bipartisane?

à‰videmment, les objectifs de chacun ne sont pas les mêmes.

Limbaugh est un populiste conservateurs assez dégoûtant qui arrose une foule immense tous les matins de sa verve radiophonique. Ses millions auditeurs votent Républicain à  90% (au moins). Les élus de droite ne peuvent donc pas l’ignorer. La semaine dernière, lors d’une manifestion conservatrice annuelle, Rush a eu droit à  une séance de consécration de son statut.

Selon certains, il ressemblait plus à  un chef  mafieu de l’Europe de l’est qu’à  un politicien:

Rush Limbaugh - CPAC 2009

Rush Limbaugh - CPAC 2009

Lors de cette prestation (!), il a surtout défendu que les Conservateurs devaient espérer que Obama échoue.

Et c’est à  ce moment que la Maison Blanche a repris le bâton, en affirmant que Limbaugh était devenu le véritable leader de la droite et que les journalistes devaient demander aux élus Républicains s’ils étaient d’accord avec lui.

Ainsi, les Sénateurs et Représentants Républicains se retrouvent devain un beau dilemme: approuver Limbaugh et espérer que le plan de relance de l’économie échoue ou le rejeter et se mettre à  dos ses auditeurs fidèles.

Michael Steele, le secrétaire général du GOP, a bien essayé de remettre Limbaugh à  sa place ce weekend, mais il a dû faire des excuses publiques 2 jours plus tard!

Et on peut supposer que les Démocrates voient plus loin que les remarques récentes de Limbaugh. Depuis des années qu’il sévit sur les ondes AM, il en a dit des âneries. Il en a contre les noirs, les Mexicains, les femmes, les handicapés, les malades… Tôt ou tard, les Républicains devront se positionner par rapport à  tout cela. Devront-ils encore s’excuser?

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On se doutait bien que le paysage conservateur américain avait changé radicalement au cours des dernières années et que le coup de grâce des élections de novembre 2008 avait laissé un mouvement en ruine qui n’était même pas prêt à  amorcer sa reconstruction idéologique.

Mais, pour ma part, je n’avais quand même pas vu venir la réalité d’un parti Républicain aussi insipide que ce qu’il démontre ces jours-ci.

Le Grand Old Party (GOP) des (avant-)dernières années était une coalition fragile d’impérialistes néocons, de fondamentalsites chrétiens et de conservateurs économiques. (Les premiers proposant des idées, les derniers l’argent et les autres les votes.) Mais TOUTES les parties de cette entreprises sont en faillite! L’impérialisme militaire a échoué lamentablemetn en Irak et est en train de connaître le même sorte en Afghanistan, le conservatisme économique a mené directement à  la crise actuel et les Américains eux-mêmes commencent à  reconnaître les excès des fondamentalistes.

Qu’est-ce que ça donne? L’hallucinant spectacle que nous ont offert les élus Républicains ces derniers jours, l’incroyable Michael Steele en tête: la stratégie du NON et l’espoir explicite que le plan de relance d’Obama échoue et que l’économie aille encore plus mal dans 2 ans pour que les électeurs reviennent vers eux!

Leur seule tactique est l’obstruction (voir tout ce qu’ils font pour exiger toujours une super-majorité de 60 votes au Sénat et pour tenter de retarder l’arrivée de Franken, le 59è Démocrate) et leur seule idée est la rectitude budgétaire dans une période où exactement le contraire est nécessaire et après 8 ans de déficits records où l’accumulation de surplus (ou au moins l’équilibre) aurait été de mise.

Leur défaite, leur rejet en fait, de 2008 a été tellement importante qu’ils doivent maintenant se ré-inventer au complet. Et il est difficile, à  ce stade, de voir d’où viendra ce renouveau. Les élus fédéraux du GOP ont décidé de refaire un Gingrich (opposer absolument tout et espérer que ça les aidera en 2012, voir la chronique de Frank Rich sur leurs chances de succès) et ne vont donc pas chercher à  se refaire.

J’ai déjà  parlé de Limbaugh. C’est sans doute le plus gros boulet des Républicains aujourd’hui. C’est un frein monumental à  leur évolution. Et que dire de Palin?

Que reste-il? Des gouverneurs, peut-être. Crist en Floride, Bobby Jindal en Louisianne, Jeb Bush (un troisième!) aussi de Floride, Romney ancien gouverneur du Massachussets? Il faudra bien plus que des personnalités qui atteingnent un certain niveau de popularité, il faut reconstruire toute la coalition sur de nouvelles bases, avec de nouveaux objectifs. Et là , on voit mal comment ça pourrait se faire dans le 2 ou 4 prochaines années.

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Rush Limbaugh

Le paysage de la droite politique américaine prend un virage pour le moins intéressant ces jours-ci. Il y a quelques jours, et après 6 tours de scrutin, les Républicains choisissaient Michael Steele comme chairman du parti (secrétaire général, président, l’administrateur en chef des instances). Steele est africain-américain.

Mais ce n’est ni lui, ni John Boehner (le chef des Républicains à  la Chambre des représentants), ni Mitch McConnell (le chef des Républicains au Sénat) qui représente la droite depuis le départ de Bush.

C’est un animateur de talk radio! Depuis des années, Rush Limbaugh domine complètement les ondes AM des à‰tats-Unis avec une émission (très) populiste et toujours de droite, loin à  droite. Il a mené une campagne très dure contre la nomination de John McCain, le trouvant trop centriste.

Les dernières élections ayant eu comme résultat d’éliminer presque tous les Républicains modérés (il en reste quelques unes au Sénat et aucun à  la Chambre des représentants), le parti se trouve donc concentré vers son aile extrémiste. Et Limbaugh a toujours été la manifestation publique et vocale (vociférante, plutôt) de cette tendance.

Obama et son équipe ont bien compris cette réalité. Le président a commencé à  jouer les élus contre Limbaugh ces derniers jours, en présentant l’animateur comme le porte-parole des Républicains. Tactique machiavélique! Même si beaucoup d’élus Républicains sont effectivement très à  droite, ils ne partagent pas nécessairement les positions les plus extrémistes du tribun des ondes (anti-environnementalisme, anti-féminisme, anti-immigration, pro-torture et son racisme presque explicite). Mais ces mêmes politiciens ne peuvent pas se permettre de critiquer Limbaugh, car leurs électeurs sont aussi les fidèles auditeurs de Rush (13 millions!).

Obama semble jouer sur deux tableaux: d’une part il fait copain-copains avec les Répblicains (plusieurs d’entre eux seront à  la Maison Blanche ce soir pour voir le Super Bowl avec lui), et en même temps il tente de les pousser encore plus à  droite pour mieux rattraper les centristes et les modérés. à€ court terme, cettre approche tactique semble bonne, mais il court (et surtout il fait courir aux Américains) un risque de retour de balancier très violent si son plan de relance de l’économie ne fonctionne pas, ou ne fonctionne pas assez rapidement pour satisfaire l’électorat.

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